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Bulletin Quotidien Europe N° 13848
GUERRE AU MOYEN-ORIENT / Proche-orient

La situation en Cisjordanie a empiré depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon l’ambassadeur de l’UE Alexandre Stutzmann

Alexandre Stutzmann, le représentant de l’UE pour la Cisjordanie, la bande de Gaza et auprès de l’UNRWA, a estimé, mardi 14 avril, que la situation des Palestiniens en Cisjordanie s’était détériorée depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le 28 février dernier.

« Depuis la guerre, les tendances ne font que s’aggraver. La violence des colons a doublé d’intensité. Depuis le 28 février, 17 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des colons ou les forces israéliennes », a expliqué M. Stutzmann, par visioconférence, à la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen. Il a ajouté que ces violences avaient lieu en toute impunité, seulement 3% des personnes poursuivies étant condamnées.

L’ambassadeur a appelé toutes les parties - Israéliens et Palestiniens - à respecter l’État de droit.

Avant même le 28 février, la situation en Cisjordanie était très compliquée, ont rappelé l’ambassadeur, mais aussi Solomon Frank Sacco, représentant de l’Office du haut commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, et le directeur adjoint de l’organisation Al Haq, Tahseen Alayan. Ils ont cité les violences des colons, les expulsions, l’annonce de nouvelles colonies ou encore les déplacements de populations.

M. Sacco a appelé la communauté internationale à passer à l’acte en se basant sur la décision de la Cour internationale de justice de 2024. « La présence israélienne en Cisjordanie est illégale et ne peut pas durer. C’est ce qui doit guider notre réponse à la crise humanitaire en Cisjordanie. L’annexion n’est pas une menace, c’est une réalité, la communauté internationale doit se mobiliser », a-il prévenu. Selon lui, face à une situation qui est « choquante », il faut « agir, mettre toute la pression nécessaire pour mettre un terme aux pratiques israéliennes et pour que les Palestiniens voient, individuellement et collectivement, leurs droits respectés ».

M. Alayan a demandé « simplement » l’application du droit international, de le respecter et de le faire respecter. « L’accord d’association en fait partie. Il faut imposer des sanctions à Israël. Si vous ne le faites pas, c’est qu’il n’y a pas de volonté politique », a-t-il ajouté, qualifiant la situation en Cisjordanie de « génocide à petit feu ».

Des sanctions contre les colons violents sont bloquées depuis des mois par la Hongrie, mais la situation pourrait changer avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement. (Camille-Cerise Gessant)

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