Dans un rapport publié dimanche 8 mars, l’Institut pour l’UE pour les études sur la sécurité (EUISS) propose une nouvelle lecture des relations UE-Chine, qui vise à exploiter les fragilités de Pékin et le ralentissement de sa croissance économique, en se concentrant sur la préservation et la création de « points de blocage technologiques ».
S’éloignant du triptyque habituel qui consiste à voir la Chine comme un compétiteur, un rival et un allié de l’UE, les auteurs, Tim Rühlig et Alicia Garcia-Herrero, envisagent une nouvelle approche en quatre piliers.
Ils misent ainsi sur : - une politique industrielle « ciblée », associée à des contrôles des exportations et à un examen des investissements sortants ; - la diversification comme stratégie de réduction des risques « par défaut » ; - un déploiement efficace de l'instrument anti-coercition de l’UE ; - une diplomatie assortie d’exigences « réalistes, mais significatives » pour préserver les intérêts fondamentaux de l’UE.
Concernant cet instrument anti-coercition, le rapport préconise de réduire la phase d’investigation nécessaire avant sa mise en œuvre, mais aussi d’inverser la règle d’approbation actuelle des États membres, qui consiste à approuver, à la majorité qualifiée, l’activation de l’instrument anti-coercition, plutôt qu'à la bloquer.
Le rapport : https://aeur.eu/f/l3b (Pauline Denys)