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Bulletin Quotidien Europe N° 13806
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / CompÉtitivitÉ

Les eurodéputés confrontent leurs visions sur la simplification réglementaire et l'énergie

Les députés du Parlement européen ont débattu, mercredi 11 février à Strasbourg, des actions urgentes pour relancer la compétitivité de l'UE, approfondir le marché unique européen et réduire le coût de la vie. Ils ont confronté leurs conceptions de la compétitivité, en particulier à propos de la simplification réglementaire et de l'énergie, en présence d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

Celle-ci a lancé le débat en reprenant les points principaux de sa lettre adressée aux dirigeants européens : la simplification, le libre-échange, l'approfondissement du marché intérieur et l’investissement dans l'économie européenne.

Maintien ou non du 'Pacte vert'. « La première chose à faire est de s'affranchir des contraintes », a estimé d’entrée de jeu Manfred Weber (PPE, allemand), tout en remerciant Mme von der Leyen pour les efforts faits par la Commission en ce sens.

Pour les groupes CRE, PfE et ENS, cette simplification signifie le renoncement au ‘Pacte vert’. Nicola Procaccini (CRE, italien) a assimilé le 'Pacte' à « des droits de douane que nous nous sommes imposés à nous-mêmes », car ses « excès constituent un lourd fardeau pour la compétitivité, l'innovation et le coût de la vie ». « Nous devons réaffirmer le principe de neutralité technologique. La décarbonation doit être le résultat de l'innovation et non d'étapes forcées fixées par la politique qui ne font que créer de nouvelles dépendances », a-t-il affirmé.

Selon Jordan Bardella (PfE, français), il faut suspendre le ‘Pacte vert’ pour « redonner de la liberté aux entreprises, protéger nos marchés stratégiques par du patriotisme économique et financer sans complexe notre indépendance stratégique ».

De son côté, Valérie Hayer (Renew Europe, française) a jugé la simplification nécessaire. « Mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité, ce n'est qu'une partie de notre compétitivité », a-t-elle nuancé. Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) a exprimé la même idée : « Les dix mesures ‘omnibus’ ne nous permettent d'économiser que 15 milliards d'euros par an, soit à peine 1%. Il est temps de nous préoccuper des 99% restants et d'arrêter de nous focaliser sur ce 1% ».

Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) a aussi considéré que la compétitivité ne se résumait pas à la bureaucratie. « Les politiques de décarbonation demeurent la pierre angulaire de notre indépendance – la pierre angulaire d’un véritable pacte de liberté européen », a-t-il souligné.

De même, Martin Schirdewan (La Gauche, allemand) a reproché à Mme von der Leyen de faire son « plan 'omnibus' » qu'il a considéré être « avant tout une attaque contre nos normes sociales, la protection des données et les normes environnementales ».

Souveraineté énergétique. Les députés ont également invoqué cet élément comme un frein pour la compétitivité de l’Europe. « Notre électricité est deux à trois fois plus chère qu'aux États-Unis, notre gaz quatre à cinq fois plus cher qu'aux États-Unis et notre industrie manufacturière énergivore a chuté de 15% depuis 2021 », a regretté Patryk Jaki (CRE, polonais). Il a reproché ensuite à la présidente de la Commission d’avoir détruit la concurrence au profit de l'énergie verte.

René Aust (ENS, allemand) a estimé qu’il fallait envisager d'autres formes d'énergie, le nucléaire.

De l'autre côté de l'hémicycle, les députés ont, au contraire, demandé plus d'investissements dans les infrastructures d'énergies renouvelables. (Anne Damiani)

Sommaire

REPÈRES
Séance de réflexion informelle des dirigeants de l'UE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES