La Commission européenne a présenté, mercredi 11 février, un plan d'action pour contrer les menaces croissantes liées aux drones. Ce paquet de mesures vise à renforcer la sécurité intérieure de l'UE face aux violations répétées de son espace aérien, aux perturbations des aéroports et aux risques pesant sur les infrastructures critiques (EUROPE 13795/19).
Le plan s'articule autour de trois piliers : l'investissement, l'innovation et l'interconnexion des politiques nationales. Pour l'année en cours, 400 millions d'euros seront ainsi mobilisés pour aider les États membres à acquérir des technologies de détection et de neutralisation suffisantes.
Surveillance technologique et protection des frontières. La Commission prévoit la création d'un centre d'excellence de lutte contre les drones en 2027 et d'une plateforme d'incidents pour centraliser les données. « La menace est réelle. Elle évolue et elle traverse les frontières », a alerté Magnus Brunner, commissaire aux Affaires intérieures. Il a pris l'exemple de Vienne, où les services publics ont enregistré « plus de 1 300 survols illégaux de drones en trois mois ».
Le plan mise sur les réseaux 5G pour transformer les antennes en « radars » capables de traquer les drones malveillants. En outre, les commissaires ont encouragé la nomination de coordinateurs nationaux et envisagent la création d'équipes de réaction rapide pour soutenir les États membres en cas d'attaque hybride.
Sécurité des drones et cartographie. « Utilisés correctement, les drones sont sûrs, durables et efficaces. Ils peuvent renforcer notre résilience et donner à l'Europe un véritable avantage concurrentiel », a admis Apóstolos Tzitzikóstas, commissaire au Transport durable et au tourisme, citant la livraison de matériel médical ou la détection de marées noires et de déchets flottants.
Après l’été, le commissaire présentera un paquet de mesures visant à renforcer l'identification et la responsabilité des opérateurs et pilotes de drones. Ainsi, les drones ne pourront décoller que si leur opérateur est identifié. La proposition étend le champ d'application des règles en vigueur aux appareils pesant au moins 100 grammes, contre une limite plancher de 250 grammes actuellement. Cela doit permettre aux autorités de mieux visualiser le terrain et de distinguer plus facilement les drones ennemis.
La Commission travaillera à normaliser et faciliter l'accès aux informations sur les restrictions de l'espace aérien. Elle posera aussi les bases du géorepérage (geofencing), de sorte que de par leur conception même et grâce à leur logiciel, les drones ne puissent pas accéder aux zones interdites. (Justine Manaud et Anne Damiani)