Quelques semaines après avoir notifié à WhatsApp qu'elle devait ouvrir son application aux fournisseurs tiers d'intelligences artificielles (EUROPE 13766/5), la Commission européenne a annoncé, lundi 9 février, prendre des mesures provisoires à son encontre pour « empêcher un préjudice grave et irréparable au marché ».
La Commission estime en effet que Meta, la maison mère de l'application, entrave la libre concurrence dans le domaine de l'intelligence artificielle en interdisant aux entreprises dont le produit principal est une IA d’utiliser l'outil 'WhatsApp Business Solution'.
« En raison de cette politique, les fournisseurs d'IA concurrents pourraient se voir empêchés d'atteindre leurs clients via WhatsApp. En revanche, le service d'IA de Meta, 'Meta AI', resterait accessible aux utilisateurs de la plateforme », détaille l'institution. Selon elle, Meta est « susceptible d'abuser de sa position dominante sur le marché ».
« Il est urgent de prendre des mesures de protection en raison du risque de préjudice grave et irréparable pour la concurrence. Le comportement de Meta risque de créer des obstacles à l'entrée et à l'expansion sur le marché des assistants IA à usage général et de marginaliser de manière irréparable les petits concurrents », détaille la Commission européenne dans un communiqué.
Pour y remédier, la Commission a adressé une communication des griefs à Meta, en l'informant de son intention d'imposer des mesures provisoires qui assureraient l'accès à WhatsApp pour les assistants IA concurrents.
L'entreprise a déjà fait savoir que ces accusations étaient « sans fondement » et que ces choix de politique interne étaient liés à des contraintes techniques. (Isalia Stieffatre)