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Bulletin Quotidien Europe N° 13804
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SOCIAL - EMPLOI / Social/emploi

Les ministres des Affaires sociales des Vingt-sept invités les 12 et 13 février à Chypre à débattre de la future stratégie de l'UE contre la pauvreté

La réunion informelle des ministres et représentants des ministres des Vingt-sept chargés des Affaires sociales et de l’Emploi, les 12 et 13 février à Nicosie, se penchera sur la stratégie à venir de la Commission pour éradiquer la pauvreté.

Les représentants seront aussi invités à débattre des principaux défis liés à l’accès à des soins de longue durée de qualité, adaptés aux besoins évolutifs des personnes âgées, ainsi qu'aux emplois dits de qualité et équitables, sur la base d’une note de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Pauvreté. Alors que le PE se penchera aussi, cette semaine à Strasbourg, sur la première stratégie de l’UE à venir pour éradiquer la pauvreté, prévue au second semestre 2026, la Présidence chypriote du Conseil de l’UE demandera aux participants d'exprimer leurs attentes quant à cette Stratégie censée s'attaquer aux causes profondes de la pauvreté et garantir l'accès aux protections et services essentiels.

L’objectif de la Commission est d’aller vers « l'éradication de la pauvreté d'ici 2050 », avait indiqué Ursula von der Leyen en septembre dernier. Le plan d’action de 2021 relatif au socle européen des droits sociaux avait déjà fixé des objectifs pour 2030 en matière d’emploi, de compétences et de réduction de la pauvreté.

L’UE s’était ainsi engagée à réduire d’au moins 15 millions, d’ici 2030, le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale par rapport aux niveaux de 2019, dont au moins 5 millions d’enfants.

Mais le risque de basculer dans la pauvreté s’est encore accentué, compte tenu de la pression croissante sur le coût de la vie et des défis économiques de grande ampleur, reconnaît Chypre dans une note de travail.

« Dans ce contexte, lutter contre la pauvreté est un choix crucial pour l’Europe » et « nécessite de conjuguer une approche corrective et préventive forte ».

Bien que des progrès aient été accomplis en vue d'atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté de l'UE à l'horizon 2030, les efforts doivent s'intensifier.

En 2024, le nombre de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a diminué de 2,9 millions par rapport à 2019, ramenant le nombre absolu à 93,3 millions. Mais le nombre d’enfants exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a légèrement augmenté.

Lutter contre la pauvreté est également une nécessité économique pour l'UE, devrait encore souligner Chypre.

La stratégie anti-pauvreté offrira ainsi l'occasion de renforcer la cohérence des politiques et la dynamique politique aux niveaux européen et national. Elle permettra aussi de parler du rôle des discriminations structurelles dans la perpétuation des cycles de pauvreté.

La discussion devrait ainsi porter sur des mesures combinant soutien au revenu adéquat, marchés du travail inclusifs et accès à des services sociaux de qualité. La lutte contre la pauvreté infantile et l’exclusion sociale et leur éradication à plus long terme devraient être une priorité. Les investissements sociaux favorisant une croissance inclusive devraient aussi être dûment pris en compte et protégés dans le futur cadre financier pluriannuel de l’Union, devrait dire Chypre.

Soins de longue durée. Le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus susceptibles d'avoir besoin de soins de longue durée pourrait passer de 17,5 millions en 2022 à 26 millions en 2050, et les dépenses publiques de l'UE consacrées aux soins de longue durée devraient augmenter de 1,7% du PIB en 2022 à 2,3% du PIB en 2050.

Cette évolution démographique exige « une action résolue pour renforcer les systèmes de soins de longue durée, qui sont déjà confrontés à d'importants défis structurels, tels que la pénurie de personnel, la fragmentation de la gouvernance, l'insuffisance des ressources financières, de la qualité et de la disponibilité, y compris des disparités territoriales, souvent dues au sous-financement du secteur ».

Cela « souligne aussi la nécessité de dépasser les modèles réactifs qui répondent principalement aux besoins en matière de soins pour aller vers des systèmes qui promeuvent activement l'autonomie, la prévention, la participation et le bien-être tout au long du vieillissement », devrait expliquer la Présidence.

La discussion portera aussi sur la pénurie de personnel dans ce secteur. « La faiblesse persistante des salaires, les conditions de travail exigeantes, les risques élevés en matière de santé et de sécurité au travail, les perspectives de carrière limitées et l'insuffisance des possibilités de perfectionnement et de reconversion ainsi que les procédures complexes de reconnaissance des compétences ou qualifications » sont autant de facteurs aggravants.

« Remédier à la pénurie de personnel est donc un investissement social essentiel pour permettre le développement des soins de longue durée centrés sur la personne », selon Chypre. (Solenn Paulic)

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