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Bulletin Quotidien Europe N° 13803
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

La Commission européenne somme TikTok de modifier son interface « addictive »

Deux ans après l'ouverture officielle de l'enquête contre TikTok (EUROPE 13353/16), la Commission européenne a rendu, vendredi 6 février, son premier verdict : selon l'institution, l'interface du réseau social chinois est « addictive » et présente des dangers pour le bien-être de ses utilisateurs.

Dans ses résultats préliminaires, la Commission pointe du doigt des « fonctionnalités addictives » qui « pourraient nuire au bien-être physique et mental » des utilisateurs de l'application, notamment des mineurs, particulièrement incités à faire défiler les contenus de façon « compulsive », y compris la nuit. 

Le 'scrolling' abusif (le défilement ininterrompu des contenus), la lecture automatique des vidéos et l'envoi incessant de notifications sont tout particulièrement visés par la Commission, qui accuse également TikTok de ne pas tenir suffisamment compte des indicateurs qui montrent l'utilisation compulsive qui en est faite par les plus jeunes.

« Nous remettons vraiment en cause les principales caractéristiques de conception du service, que nous considérons comme non évaluées et non atténuées en ce qui concerne les risques pour la santé mentale », détaille un haut fonctionnaire européen.

Selon ce même haut fonctionnaire, les évaluations des risques, que la plateforme est tenue de fournir, « ne répondent pas au niveau d’exigence du DSA ». « Presque toutes les fonctionnalités permettant de limiter le temps d'écran ou d'instaurer un contrôle parental sont très faciles à désactiver », estime-t-il.

C'est par ailleurs la première fois que la Commission établit une norme juridique sur le design addictif d’une plateforme.

TikTok est encore sous le coup de deux enquêtes, sur la vérification de l'âge de ses utilisateurs et sur ce que l’on appelle le 'rabbit hole', qui concerne le type de contenus que les systèmes de recommandation mettent en avant et les risques que cela peut poser.

La plateforme a déclaré dans un communiqué que ces conclusions de la Commission « présentent une description catégoriquement fausse et totalement infondée de [la] plateforme ».

Cette décision intervient dans un contexte politique sensible, où plusieurs pays membres envisagent de restreindre l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs (EUROPE 13795/16).

La France, l'Espagne et le Danemark ont tous annoncé prendre des décisions en ce sens d'ici la fin de l'année (EUROPE 13801/11). Une façon supposée de protéger les plus jeunes contre les dangers physiques et mentaux induits par les plateformes et leurs algorithmes. (Isalia Stieffatre)

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