« Dans un monde en mutation rapide, la résilience climatique et hydrique n’est plus une option : elle est une nécessité pour l’avenir de l’Europe », a déclaré la ministre chypriote de l’Environnement et de l’Agriculture, Maria Panayiotou, hôte de la réunion informelle des ministres européens de l’Environnement organisée à Nicosie vendredi 6 février.
Elle a expliqué que les ministres ont examiné comment transformer « notre ambition commune en actions concrètes » au sein de l’Union européenne.
Les échanges se sont articulés autour de trois initiatives clés : le futur cadre européen pour la résilience climatique, la stratégie européenne pour la résilience de l’eau et le futur règlement sur l’économie circulaire.
Les discussions ont permis de préparer le terrain pour les travaux à venir, notamment en ce qui concerne la cohérence de ce cadre et les besoins en financements adéquats, a ajouté la ministre chypriote.
Un document de la Présidence chypriote du Conseil signale que depuis 1980, les États membres de l’UE ont enregistré 822 milliards d'euros de pertes économiques liées aux événements climatiques extrêmes, dont 208 milliards entre 2021 et 2024.
L’UE vise à devenir un leader de la résilience climatique et hydrique, en combinant compétitivité économique, financement et mesures d’adaptation. 30% du territoire européen et 33% de la population sont affectés chaque année par la pression sur les ressources en eau. La résilience hydrique doit s’aligner avec les politiques climatiques et bénéficier de financement et d’investissements coordonnés, selon le document chypriote.
La commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, a estimé qu'investir dans l’eau, c’est « investir dans notre sécurité économique ». « Le coût de l’inaction est tout simplement trop élevé », a insisté la commissaire. Elle a rappelé que, sans adaptation, les coûts annuels liés aux sécheresses pourraient atteindre 45 milliards d’euros, tandis que ceux des inondations côtières pourraient s’élever jusqu’à 1 000 milliards d’euros d’ici la fin du siècle.
Dans ce contexte, elle a appelé les États membres à faire pleinement usage des fonds de la politique de cohésion, dont les règles ont été assouplies afin de faciliter les investissements dans la résilience hydrique. Elle a également mentionné un nouveau financement de 15 milliards d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI) destiné au secteur de l’eau.
Par ailleurs, la commissaire a abordé la question des incendies de forêt.
Avec le commissaire Janez Lenarčič, elle annoncera le lancement d’une stratégie européenne de gestion des incendies de forêt plus tard au printemps. Cette stratégie visera à placer la résilience face aux incendies au plus haut niveau de l’agenda politique et à améliorer l’utilisation des outils existants, en couvrant l’ensemble du cycle - de la prévention à la reconstruction - en s’appuyant davantage sur la science, l’innovation et la coopération entre États membres.
D’un point de vue environnemental, Jessika Roswall a insisté sur l’importance de préserver des écosystèmes en bonne santé, qu’elle a qualifiés de « première ligne de défense contre les incendies de forêt ». (Lionel Changeur)