Les groupes Renew Europe et Verts/ALE ont déposé deux amendements communs au rapport annuel de Johan Van Overtveldt (CRE, belge) sur les activités de la Banque centrale européenne (BCE), dans le but de soutenir une introduction rapide de l'euro numérique comme outil de renforcement de la souveraineté européenne. Le bilan de la BCE fera l'objet d'un débat dans l'hémicycle européen de Strasbourg, lundi 9 février, puis d'un vote mardi midi.
« Un vote positif en plénière pourrait faire pencher la balance en faveur des partisans d'une monnaie publique numérique, qui s'opposent au négociateur principal du texte, l’espagnol Fernando Navarrete », a estimé vendredi auprès d'Agence Europe Stanislas Jourdan, chercheur au 'Sustainable Finance Lab', centre de réflexion sur l'économie durable.
En commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du PE, les eurodéputés se déchirent autour du projet de rapport sur l'euro numérique de M. Navarrete Rojas (PPE) qui privilégie la recherche de solutions issues des banques commerciales (EUROPE 13797/21).
Voir les amendements déposés : https://aeur.eu/f/kmx
L’euro numérique pourrait dynamiser les solutions de paiement privées, rappelle M.Cipollone. Le membre du directoire de la BCE Piero Cipollone a mis en garde, vendredi à Nicosie (Chypre), contre les retards législatifs susceptibles de freiner l'émergence de nouvelles solutions privées.
« L’euro numérique, grâce à son statut de monnaie ayant cours légal, créerait une norme européenne - un ensemble commun d’infrastructures sur lesquelles les solutions de paiement privées peuvent fonctionner et innover », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « L’adoption rapide du règlement sur l'euro numérique est devenue urgente pour exploiter les synergies entre solutions publiques et privées et réduire notre dépendance à l'égard d'entreprises étrangères ». (Bernard Denuit)