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Bulletin Quotidien Europe N° 13803
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

L'UE cherche à renforcer son efficacité dans les négociations internationales sur le climat

Les ministres européens de l’Environnement ont débattu, vendredi 6 février à Nicosie, de la manière dont l’UE peut renforcer son efficacité et son influence dans les négociations climatiques internationales, à la lumière des enseignements de la COP30.

La COP30 est la 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui s’est tenue à Belém, au Brésil, pour négocier des décisions internationales sur le climat (EUROPE 13761/12).

« L’expérience de la COP30 a clairement montré que l’ambition, à elle seule, ne suffit plus », a déclaré Maria Panayiotou, hôte de la réunion informelle des ministres. 

Dans un contexte géopolitique de plus en plus fragmenté et imprévisible, l’Union européenne doit être en mesure de transformer ses ambitions en résultats tangibles, selon la ministre. La crise climatique ne connaît pas de frontières : des résultats significatifs ne peuvent être obtenus qu’en avançant simultanément sur l’ambition et la mise en œuvre, en coopération avec les pays tiers.

Les échanges ont permis à la Présidence chypriote du Conseil de contribuer à la préparation d’actions plus concrètes de l’UE en vue des prochaines négociations internationales sur le climat, « qui seront poursuivies par nos collègues irlandais », a souligné Mme Panayiotou.

Le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a insisté sur la nécessité de mieux articuler action climatique, compétitivité et indépendance stratégique au niveau européen.

L’enjeu, selon lui, est de faire de la transition climatique un véritable argument économique, renforçant la compétitivité européenne et l’autonomie stratégique.

Le commissaire a annoncé que la Commission présentera d’ici la fin de l’année un plan européen de résilience visant à renforcer l’action collective tout en laissant aux États membres la flexibilité nécessaire pour répondre à leurs réalités spécifiques.

Concernant la dimension internationale de l’action climatique, il a rappelé que l’Europe est à la fois le continent qui se réchauffe le plus rapidement et un acteur responsable d’environ 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

« Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’agir aussi sur les 94% restants », a-t-il souligné, mettant en avant le rôle central de la diplomatie climatique internationale.

Si l’Union européenne figure parmi les acteurs les plus ambitieux en matière d’action pour le climat et demeure le premier financeur mondial en cette matière à l’étranger, Wopke Hoekstra a regretté que solidarité et réciprocité ne soient pas toujours au rendez-vous. Il a appelé à renforcer l’efficacité et l’impact de l’action européenne sur la scène internationale, au bénéfice à la fois des partenaires mondiaux et des citoyens européens.

Un document de la Présidence chypriote du Conseil, vu par Agence Europe, souligne les difficultés croissantes liées au contexte géopolitique, aux procédures de négociation et à l’isolement relatif de l’UE dans les phases finales des COP, malgré un haut niveau d’ambition climatique.

Le document appelle à une approche plus stratégique et pluriannuelle des COP, fondée sur une meilleure coordination interne, un renforcement de la diplomatie climatique et des coalitions ainsi qu’une utilisation plus cohérente des instruments externes de l’UE (commerce, finance, coopération). L’objectif est de mieux traduire l’ambition européenne en résultats concrets et orientés vers la mise en œuvre, tout en préservant le rôle central de la CCNUCC.

« Nous devons être plus ciblés et plus stratégiques afin d’obtenir davantage de résultats sur la scène internationale dans la lutte contre le changement climatique et dans les efforts d’adaptation », a déclaré Jochen Flasbarth, secrétaire d’État au ministère allemand de l’Environnement.

Résistance climatique. Lors d’un déjeuner de travail, les ministres ont évoqué les problèmes de gestion de l’eau et du climat. Un document de la Présidence chypriote souligne que les réponses actuelles à la crise climatique restent majoritairement réactives, centrées sur la gestion des impacts une fois qu’ils se produisent. Si ces mesures demeurent nécessaires, elles sont désormais insuffisantes face à l’ampleur et à la rapidité des risques climatiques, selon le document.

La Présidence chypriote plaide pour un changement de paradigme vers une résilience climatique proactive, fondée sur la connaissance scientifique, la modélisation avancée, la planification intégrée et des horizons de long terme pouvant aller jusqu’à 50 ans. L’Union européenne dispose d’atouts majeurs (capacités scientifiques, données d’observation, technologies de pointe et cadres institutionnels – qui doivent être mobilisés de manière systématique).

Les incendies de forêt et la rareté de l’eau sont présentés comme deux facteurs de stress climatique majeurs. Ces risques, en forte augmentation à l’échelle mondiale, font l’objet d’approches coordonnées et fondées sur la science dans le cadre de l’Initiative sur le changement climatique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient (EMME-CCI), portée par le gouvernement chypriote. Ce thème a été présenté par le professeur Costas N. Papanicolas, président fondateur du Cyprus Institute et directeur scientifique de l’EMME-CCI. (Lionel Changeur)

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