Les ministres des Affaires européennes des Vingt-sept se retrouveront lundi 26 janvier en formation ‘Conseil Affaires générales’ pour débattre des priorités de la Présidence chypriote du Conseil de l’UE, de la situation de l’État de droit dans les États membres ou encore du futur ‘Bouclier démocratique européen’.
Le soir, ils seront invités à la 25e conférence d’adhésion du Monténégro à l’UE, qui servira à clore provisoirement les négociations sur le chapitre 32, à savoir sur le contrôle financier.
Priorités de la Présidence chypriote. Il s’agira pour la vice-ministre chargée des Affaires européennes, Marilena Raouna, de présenter officiellement les travaux des six prochains mois, lors de ce premier Conseil formel de 2026, ainsi que la devise chypriote : « Une Union autonome et ouverte sur le monde ».
Il s’agira en particulier de « garantir un budget européen équilibré et tourné vers l'avenir ; de promouvoir la simplification et une meilleure réglementation de l'UE afin de rendre l'Europe plus compétitive ou encore de défendre et promouvoir les valeurs fondamentales de l'Union », a résumé un diplomate le 23 janvier.
Dialogue annuel sur l'État de droit. Les ministres tiendront une discussion consacrée à la situation en Estonie, au Danemark, en Grèce et en Espagne.
Leurs échanges, qui se fonderont sur le rapport annuel de la Commission européenne - présenté le 8 juillet dernier (EUROPE 13676/27), ont pour vocation de rester ouverts et non discriminatoires entre États membres, sur la base de constats factuels et de bonnes pratiques.
Pour chaque pays concerné, la Commission présentera les principales conclusions de son chapitre national, avant une prise de parole du représentant de l’État membre, suivie d’interventions des autres délégations.
Il s’agira ainsi d’améliorer la confiance mutuelle entre États membres, mais aussi de prévenir les dérives systémiques et de consolider les standards communs en matière d’indépendance de la justice, de lutte contre la corruption, de pluralisme médiatique et de contre-pouvoirs institutionnels.
En outre, le dialogue repose sur un mécanisme mis en place en 2020, qui associe débats horizontaux sur les tendances de l’État de droit et discussions spécifiques à chaque pays, et régulièrement intégré dans les travaux du Conseil.
Bouclier démocratique européen. À l’heure du déjeuner, les ministres débattront du 'Bouclier démocratique européen' (EUROPE 13789/16), présenté par la Commission en novembre dernier (EUROPE 13750/4) dans le cadre d’un 'paquet démocratie', afin d’établir un cadre pour protéger et renforcer ses démocraties face aux menaces hybrides, à la désinformation et aux ingérences étrangères.
La Présidence chypriote souhaiterait faire avancer ce chantier au moyen d’une approche « globale », qui sollicite, tout à la fois, les institutions, les États membres et la société civile.
Le renforcement de la surveillance et de la capacité de réponse dans l’espace informationnel, le soutien aux institutions démocratiques, aux élections libres et aux médias indépendants et le développement de la résilience sociétale et de l’engagement citoyen sont les grandes problématiques qui structurent ce 'Bouclier démocratique'.
La création d’un Centre européen de la résilience démocratique, envisagé comme une plateforme de coordination et de partage d’informations, fait partie des principales propositions.
Aussi, les échanges doivent permettre de dégager les priorités et de clarifier l’apport du 'Bouclier' par rapport aux dispositifs existants, alors que les mesures doivent être mises en œuvre progressivement d’ici 2027.
Alors que les tensions démocratiques et sécuritaires s’intensifient dans l'UE comme par-delà ses frontières, la Présidence chypriote souhaite réunir les enjeux relatifs à la défense des 'valeurs', la crédibilité interne de l’UE et son rôle géopolitique.
Adhésion du Monténégro à l'UE. L'élargissement de l’UE représente une priorité de la Présidence chypriote, qui est « déterminée à obtenir des résultats tangibles et crédibles pour tous les partenaires, tout en préservant pleinement l'intégrité, la crédibilité et le caractère proportionnel de la méthodologie d'élargissement établie », a repris le diplomate. L’intention de la Présidence est notamment, concernant le Monténégro, de créer un groupe de travail ad hoc sur son adhésion.
En décembre, le pays avait officiellement fermé cinq autres chapitres des négociations d'adhésion, à l'occasion de la 24e Conférence intergouvernementale, qui s'est tenue le 16 décembre dernier à Bruxelles. Cet ensemble comprend les chapitres 3 (droit d'établissement et libre prestation de services), 4 (libre circulation des capitaux), 6 (droit des sociétés), 11 (agriculture et développement rural) et 13 (pêche), et porte à douze le nombre total de chapitres clos par le pays (EUROPE 13774/30).
Petit-déjeuner sur la simplification et le 'mieux légiférer'. Lors d'un petit-déjeuner informel, les ministres échangeront leurs points de vue sur la simplification et une meilleure réglementation avec le président de la Conférence des présidents de commission du Parlement européen, Bernd Lange (S&D, allemand). (Nithya Paquiry et Solenn Paulic)