« Une fois de plus, la Commission reporte la législation sur l'accélération industrielle, cette fois-ci à fin février. Alors que l'industrie européenne subit une forte pression de la part de ses concurrents internationaux, ces nouveaux retards ne font qu'accroître l'incertitude pour les entreprises et les investisseurs », ont déploré, vendredi 23 janvier, les députés PPE Tom Berendsen (néerlandais) et Christian Ehler (allemand).
« L'ambition est importante, mais le respect des délais l'est tout autant. (...) Ces reports successifs nuisent à la crédibilité de l'UE et envoient un mauvais signal aux secteurs stratégiques comme l'acier et l'aluminium ». Cette législation sur le ‘Made in Europe’ dans les technologies vertes devait être présentée en décembre, puis le 29 janvier (EUROPE 13790/29).
Le député belge Yvan Verougstraete (Renew Europe) a aussi réagi : « Parler d'accélération, c'est bien beau, mais il faut d'abord se mettre au travail. L'Europe doit se réindustrialiser, renforcer sa souveraineté économique et cesser de perdre des projets stratégiques au profit des États-Unis ou de la Chine parce qu'elle est trop lente ».
La législation pourrait désormais être présentée le 25 février. Si des frictions entourent ce projet, qui vise à consacrer un certain volume de composants européens ou un seuil de main-d’œuvre locale dans les passations de marchés publics ou investissements directs étrangers, certains restent confiants.
« D’autant plus que le ‘Made in Europe’ est déjà acté dans certains domaines, comme les programmes de défense ou le secteur automobile », dit un diplomate. « Évidemment, il y a des débats : quel niveau de valeur ajoutée, quels composants, quels secteurs stratégiques doivent être concernés ? Mais tout le monde accepte maintenant ce concept de préférence européenne ». (Solenn Paulic)