À l'occasion de la réunion informelle 'Justice et Affaires intérieures' organisée vendredi 23 janvier à Nicosie par la Présidence chypriote de l'UE, les ministres européens de la Justice sont convenus de la nécessité d'une action plus sévère concernant la restitution des biens culturels exportés illégalement. À l'issue des débats, Costas Fitiris, ministre chypriote de la Justice et de l'Ordre public, a annoncé avoir « demandé à la Commission de soumettre des études d'impact pertinentes » à ce sujet.
Selon lui, cela s'avère « particulièrement important au vu des faiblesses identifiées dans le cadre juridique de l'UE et des discordances entre les lois nationales », que « les antiquaires, les trafiquants et les propriétaires malhonnêtes exploitent pour choisir le régime juridique le plus favorable, transférant les biens culturels volés vers les pays aux lois plus permissives ». Le ministre a estimé que le trafic de biens culturels engendrerait environ 5 milliards d'euros.
Liisa-Ly Pakosta, son homologue estonienne, a souligné que le problème s'étend au-delà : « L'Estonie n'a toujours pas récupéré son patrimoine culturel de la Russie, qui l'a pris pendant la Seconde Guerre mondiale, puis sous l'occupation russe », a-t-elle rappelé, demandant « une action unifiée » de l'UE. (Justine Manaud)