Alors que le Conseil devrait se prononcer, lundi 8 décembre, sur l’accord institutionnel sur le Programme pour l'industrie européenne de la défense (EDIP), plusieurs États membres ont souligné leurs inquiétudes concernant cet accord, selon un document du 3 décembre du secrétariat général du Conseil.
Ainsi, la Hongrie a demandé que soit inscrit au procès-verbal du Conseil le fait qu’elle ne « soutient pas la création de nouveaux instruments financiers de l’UE qui contribuent militairement à la guerre en Ukraine et mettent en péril le succès des négociations de paix ». EDIP comporte un instrument de soutien à l’Ukraine. « En conséquence, la Hongrie s’abstient de voter le règlement EDIP ».
La Grèce, de son côté, estime qu’« en l’absence d’un cadre de contrôle complet et robuste, le texte actuel pourrait permettre la participation de pays tiers ou d’entités de pays tiers » ne partageant pas les mêmes valeurs, « ce qui pourrait porter atteinte aux intérêts de défense et de sécurité de l’Union et de ses États membres ». « Dans un esprit de flexibilité et constructif, la Grèce ne votera ni contre ni ne s’abstiendra lors du vote sur le projet final du règlement EDIP, à condition que nos préoccupations pertinentes soient dûment prises en compte lors de sa mise en œuvre », a-t-elle ajouté.
De même, si Chypre soutient l’adoption d’EDIP, elle précise que, dans le cadre du futur cadre financier pluriannuel, une procédure rigoureuse devrait être mise en place afin d’évaluer les intérêts de sécurité de l’UE et de ses États membres et de garantir que la collaboration avec des entreprises de pays tiers partageant les mêmes valeurs ne porte pas atteinte à ces intérêts.
Enfin, les Pays-Bas, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Finlande, la Croatie, l'Italie, la Lituanie, la Lettonie, la Roumanie, la Slovaquie et la Pologne expliquent que la coopération industrielle avec leurs alliés renforce la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), au lieu de l'affaiblir.
« Par conséquent, nous insistons sur le fait que les futurs instruments de l’UE renforçant la BITDE doivent également faire preuve d’une flexibilité suffisante à cet égard. Les critères d’éligibilité devraient tenir compte des chaînes d’approvisionnement existantes et de la coopération industrielle avec les partenaires non européens, tout en permettant de satisfaire aux exigences en matière de capacités », soulignent-ils dans leur déclaration.
Selon eux, une plus grande flexibilité permettra de concilier les besoins immédiats en matière de capacités et l’indépendance stratégique à long terme de l’Europe, tout en garantissant le soutien à l’Ukraine, en assurant une étroite cohérence avec les exigences de l’OTAN en matière de capacités et en renforçant l’interopérabilité.
Voir le document : https://aeur.eu/f/ju9 (Camille-Cerise Gessant)