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Bulletin Quotidien Europe N° 13734
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POLITIQUES SECTORIELLES / Économie circulaire

La Commission européenne devrait dévoiler le 13 novembre une stratégie ambitieuse en faveur de la bioéconomie

La Commission européenne s’apprête à adopter, le 13 novembre, une stratégie ambitieuse pour une bioéconomie compétitive et durable, destinée à faire de l’UE le leader mondial d’un secteur en pleine expansion.

Ce cadre stratégique, détaillé dans un projet de communication vu par Agence Europe, vise à décarboner l’économie, à renforcer l’autonomie industrielle et à créer des emplois, tout en garantissant la durabilité des ressources biologiques (EUROPE 13611/21).

Avec un potentiel économique estimé à 2 600 milliards d’euros (8% des emplois et 5% du PIB de l’UE), la bioéconomie couvre des secteurs aussi variés que l’agriculture, la sylviculture, les biotechnologies, ou encore les matériaux biosourcés. Elle vise à remplacer les ressources fossiles par des alternatives renouvelables, tout en stimulant l’innovation et la résilience des écosystèmes.

Briser les barrières. Pour passer du laboratoire au marché, l’UE identifie deux défis majeurs :

- les freins réglementaires - les procédures d’autorisation sont jugées trop lentes et les cadres juridiques, fragmentés, ralentissent l’arrivée des innovations (bioplastiques, biofertilisants). La Commission propose de simplifier les règles avec la prochaine législation sur les biotechnologies (Biotech Act) et d’harmoniser les normes européennes ;

- le financement : les 'vallées de la mort' entre la R&D et l’industrialisation étouffent les projets prometteurs. Pour y remédier, la Commission mise sur un 'Fonds européen pour la compétitivité' (doté d’un volet 'bioéconomie'), des partenariats publics-privés (Important Projects of Common European Interest, ou IPCEI, biotech) pour soutenir les technologies de rupture, une révision de la taxonomie de l'UE afin d’intégrer les activités biosourcées et d'attirer les investisseurs.

Les actions prévues sont ainsi : - la définition des matériaux biosourcés (Biotech Act), au 3e trimestre 2026 ; - le lancement de l’alliance BioMade Europe en 2025 ; - la révision de la taxonomie de l'UE pour inclure la biomanufacturation (4e trimestre 2025) ; - la mise en place d’un IPCEI biotech au 4e trimestre 2025.

Marchés porteurs. La stratégie cible six secteurs prioritaires où les matériaux biosourcés peuvent avoir un impact transformateur :

- bioplastiques : avec une production prévue pour doubler d’ici 2040, ces matériaux pourraient révolutionner l’emballage ou l’automobile. La Commission compte harmoniser les certifications et intégrer des exigences de contenu biosourcé dans la réglementation ;

- textiles biosourcés : pour réduire la pollution aux microplastiques, l’UE mise sur le lin, le chanvre ou les fibres cellulosiques. Un groupe de travail dédié soutiendra la filière laine ;

- produits chimiques biosourcés : leur part de marché pourrait atteindre 15% d’ici 2040, à condition d’accélérer les procédures d’autorisation (aujourd’hui deux à trois fois plus longues qu’aux États-Unis) ;

- matériaux de construction : le bois, le bambou ou le mycélium pourraient remplacer le béton ;

- biofertilisants et biopesticides : pour réduire la dépendance à l'égard des engrais minéraux et des pesticides synthétiques, la Commission prévoit des incitations fiscales et des campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs.

Biomasse. Avec 90% d’autosuffisance, l’UE entend maintenir cet équilibre en optimisant l’usage des ressources (priorité à l’alimentation et aux matériaux avant l’énergie), valorisant les déchets (la Commission veut développer les bioraffineries et les mesures pour mieux exploiter les coproduits agricoles ou forestiers), renforçant la durabilité (des critères communs seront définis pour éviter la surexploitation des sols et des forêts). 

En outre, face à un marché mondial de la bioéconomie estimé à 4 500 milliards de dollars (et 30 000 milliards projetés d’ici 2050), l’UE veut sécuriser ses approvisionnements par des accords commerciaux (biomasses durables importées), exporter ses technologies (Bioeconomy Business Missions) et éviter les dépendances.

Lien vers le projet : https://aeur.eu/f/j1n (Lionel Changeur)

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