Les ministres des Affaires étrangères européens se sont entretenus, lundi 20 octobre à Luxembourg, sur le soutien que l’UE pourrait apporter au plan de paix au Proche-Orient.
Les ministres ont plaidé pour l’entrée de l'aide humanitaire à Gaza. « Notre priorité doit désormais être de renforcer et de fournir l’aide humanitaire le plus rapidement possible », a expliqué le ministre polonais, Ignaci Niemczycki. « L'Europe a beaucoup à apporter, notamment en matière d'aide humanitaire », a ajouté l'Espagnol José Manuel Albares, alors que la commissaire européenne à l’Aide humanitaire, Hadja Lahbib, a demandé que les 170 000 tonnes d’aide humanitaire de l’UE puissent entrer dans l’enclave palestinienne, se disant prête à organiser des transports aériens via l'Égypte.
De son côté, le ministre français, Jean-Noël Barrot, a demandé l’ouverture de tous les points de passage. Parmi ces points, Rafah, où l’UE attend de pouvoir redéployer sa mission EUBAM. « Nous sommes prêts à nous redéployer », a expliqué la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, précisant qu’il fallait pour cela qu’Israël et l’Égypte donnent leur approbation. L’Autorité palestinienne a déjà donné son accord, selon une source.
M. Barrot a plaidé pour le renforcement d'EUBAM Rafah, « pour qu'elle puisse prendre toute sa part non seulement dans la sécurisation des passages des personnes, mais aussi des biens qui doivent arriver en masse à Gaza pour soulager les souffrances des populations palestiniennes ».
Selon le ministre français, « l'Europe se tient prête à sécuriser les points de passage », a-t-il expliqué. « Nous devons œuvrer à la consolidation de ce cessez-le-feu. À cette fin, la mission EUBAM Rafah et la mission EUPOL COPPS (de formation de la police palestinienne) sont essentielles, et leur mandat doit être élargi pour participer à tout ce qui touche à la stabilisation », a ajouté M. Albares. Selon un projet de conclusions du Conseil européen daté du 17 octobre, les chefs d'État ou de gouvernement européens devraient plaider pour le renforcement des mandats de ces missions.
De plus, selon M. Barrot, EUPOL COPPS doit pouvoir « se déployer à Gaza et dans les pays environnants pour pouvoir former les policiers palestiniens, pour pouvoir soutenir les réformes que nous attendons de l'Autorité palestinienne et pour pouvoir préparer le processus indispensable de désarmement du Hamas ». Dans un document de travail, le Service européen pour l’action extérieure a plaidé pour évaluer et explorer les moyens de financer et de fournir une expertise en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR).
M. Barrot a précisé que la police palestinienne serait soutenue par une force internationale de stabilisation à laquelle un mandat sera donné par les Nations Unies, mandat auquel la France travaille actuellement avec les Américains et les Britanniques.
« L'Union européenne est prête à contribuer à la stabilisation, à la gouvernance transitoire, au redressement et à la reconstruction de Gaza », devraient souligner les dirigeants européens lors de leur sommet du 23 octobre. Les Européens comptent avoir une place au Comité de paix annoncé dans le plan de paix de Donald Trump.
Conférence des donateurs le 20 novembre. Au-delà de la conférence sur la reconstruction qui devrait se tenir fin novembre, le groupe des donateurs pour la Palestine se réunira pour la première fois le 20 novembre, en marge du prochain Conseil des Affaires étrangères, a annoncé la commissaire à la Méditerranée, Dubravka Suica. Elle a rappelé qu’il ne s’agissait pas uniquement d’un groupe des donateurs, mais aussi d’un groupe de réformes, qui discutera des réformes envisagées par l’Autorité palestinienne.
Pas de décision sur des sanctions. Face à une situation fragile, les mesures proposées par la Commission européenne et la Haute Représentante à l'encontre du gouvernement israélien et du Hamas cet été restent sur la table, mais aucune décision ne sera prise à leur sujet pour le moment. Les maintenir permet de garder la pression sur les différentes parties, selon plusieurs sources.
« Nous ne les écartons pas, car la situation est fragile et nous devons constater une amélioration de l'aide humanitaire à Gaza. Nous devons également veiller à ce que les revenus palestiniens soient reversés à la Palestine ou débloqués par les autorités israéliennes. Les journalistes et les travailleurs humanitaires doivent pouvoir entrer sur le territoire et les ONG internationales doivent pouvoir s’enregistrer sans restriction », a expliqué la Haute Représentante.
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/j1e (Camille-Cerise Gessant)