La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté, lundi 22 septembre à New York, sur la volonté de l’Union européenne de poursuivre les investissements massifs dans les énergies renouvelables, et a invité les pays « partageant les mêmes intérêts et ambitions » à coopérer dans le domaine.
Mme von der Leyen s’exprimait ainsi dans le cadre du Sommet mondial sur les énergies renouvelables, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) et de la Semaine du climat de New York.
Sa déclaration survient quelques jours après l’annonce de la Commission européenne de bannir plus tôt que prévu, dès le 1er janvier 2027, toutes les importations dans l'UE de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, en réaction à la pression exercée par le président américain, Donald Trump (EUROPE 13713/1).
Ce dernier a scellé avec l’UE, un accord commercial comprenant un volet 'énergie' avec un engagement des Européens de procéder à 750 milliards de dollars d’achats énergétiques, notamment fossiles (GNL, pétrole, combustibles nucléaires), aux États-Unis (EUROPE 13707/17).
La présidente de la Commission n’en a pas fait mention dans son discours, prononcé dans le cadre d’une session consacrée à « l’abondance en énergie renouvelable ». Revenant essentiellement sur l’invasion de la Russie en Ukraine en 2022 et sur la crise énergétique à laquelle l’UE a été confrontée, elle s’est plutôt félicitée que le continent ait depuis « doublé (la production d')énergies renouvelables ».
« Ce n’était pas seulement pour le climat, mais parce qu’elles constituent l’option la plus sûre et la plus abordable à long terme », a-t-elle déclaré.
Mme von der Leyen a également mentionné des investissements de l’UE pour faire avancer la transition énergétique dans des pays tiers, dans le cadre de son programme 'Global Gateway', dont un forum dédié aura lieu les 9 et 10 octobre prochains à Bruxelles.
Transition juste et équitable à l’international. Avec dix-neuf autres dirigeants et représentants d’agences internationales, la présidente de la Commission a également signé, ce 22 septembre, une lettre conjointe reconnaissant le déclin des énergies fossiles et appelant à assurer une transition juste et équitable.
La lettre reconnaît, en particulier, les disparités entre pays et régions du monde, et appelle à combler le fossé en débloquant des financements et en réduisant les risques d'investissement dans les pays en développement. Elle souligne également le fait que les 'Contributions déterminées au niveau national' (NDC) post-2030, attendues avant la COP30 au Brésil en novembre, présentent une opportunité de faire avancer les efforts climatiques et d'assurer une transition énergétique juste.
À New York, il est effectivement attendu de la part de l’UE qu’elle partage sa NDC fixant un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035. Faute d’accord entre les États membres sur une cible précise, l’UE ne présentera finalement, mercredi 24 septembre, qu’une 'déclaration d’intention' comprenant une fourchette indicative : entre 66,25 et 72,5% de réduction des émissions (par rapport à 1990) (EUROPE 13712/2).
Cette « solution in extremis » a été décriée par les ONG environnementales et centres de réflexion européens (EUROPE 13712/2).
Pour voir la lettre conjointe : https://aeur.eu/f/ik5 (Pauline Denys)