L'actuel président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, a été reconduit par consensus, lundi 7 juillet, pour un troisième mandat de deux ans et demi. Sans rival parmi ses pairs, il rejoint ainsi en termes de longévité l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Se disant « honoré » de poursuivre sa fonction, M. Donohoe a indiqué qu'il maintiendrait sa « méthode » de travail. Nous devons désormais nous focaliser sur la nécessité de boucler certains dossiers importants, a-t-il ajouté, citant « l'euro numérique, la politique budgétaire, l'union de l'épargne et de l'investissement et l'union bancaire ».
Le large soutien des ministres témoigne de leur « grande confiance dans votre leadership », a indiqué à M. Donohoe le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, à l'issue de la réunion ministérielle. Le directeur exécutif du Mécanisme européen de stabilité, Pierre Gramegna, a rappelé que M. Donohoe avait aussi été reconfirmé en tant que président du conseil d'administration du fonds de sauvetage permanent des pays de la zone euro.
Aucune élection n'a finalement eu lieu lundi. Les deux autres candidats - les ministres espagnol, Carlos Cuerpo, et lituanien, Rimantas Šadžius (EUROPE 13669/14) - avaient en effet jeté l'éponge et annoncé leur retrait de la course à la présidence à leur arrivée à la réunion ministérielle, faute d'un soutien suffisant.
Après des semaines de contacts intenses, « nous avons constaté que nous n'avions pas les soutiens suffisants » pour aller de l'avant dans cette candidature, dans la mesure où « les onze voix nécessaires n'étaient pas garanties », a déclaré M. Cuerpo. Évoquant l'importance d'éviter toute fragmentation au sein de l'Eurogroupe dans un contexte géopolitique mouvementé, il a remercié les « nombreux soutiens » qu'il affirme avoir recueillis.
C'est la troisième fois qu'un ministre espagnol présente, sans succès, sa candidature pour présider la réunion des ministres des Finances des pays de la zone euro, après celles de Luis De Guindos en juillet 2015 (EUROPE 11358/1) et de Nadia Calviño (EUROPE 12524/1). Depuis, M. De Guindos est devenu vice-président de la BCE et Mme Calviño présidente de la BEI.
« Mon collègue Carlos Cuerpo vient d'annoncer qu'il se retirait de la course à la présidence de l'Eurogroupe. C'est ce que je fais également », a indiqué M. Šadžius. Selon lui, M. Donohoe bénéficie au sein de l'entité ministérielle informelle d'un « grand soutien, et Carlos et moi-même ne pouvons pas en dire autant ». Selon lui, le principal enseignement de cette « campagne » électorale est que les modalités de travail au sein de l'Eurogroupe changeront (EUROPE 13663/4). « Nous devons accélérer la prise de décision et être assez courageux pour affronter les questions qui fâchent », a-t-il ajouté. (Mathieu Bion)