Les présidents du Parlement européen, Roberta Metsola, de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, António Costa, se rendront à Rome pour assister aux funérailles du Pape François, samedi 26 avril.
Les trois dirigeants politiques avaient rendu hommage à la mémoire du pontife romain à l'annonce de sa mort, lundi 21 avril, jour de Pâques.
« L'Europe pleure la disparition de Sa Sainteté le Pape François. (...) On se souviendra du 'pape du peuple' pour son amour de la vie, son espoir de paix, sa compassion pour l'égalité et la justice sociale », avait estimé Mme Metsola via les réseaux sociaux.
Pour Mme von der Leyen, les millions de personnes endeuillées trouveront « du réconfort dans l'idée que l'héritage du Pape François continuera à (les) guider vers un monde plus juste, plus pacifique et plus compatissant ».
M. Costa, quant à lui, avait salué la préoccupation du Pape François vis-à-vis des « grands défis mondiaux de notre époque - l'immigration, le changement climatique, les inégalités, la paix ». Et de relever que, lors de la Journée mondiale de la paix, il avait proposé « trois actions pour qu'un 'changement durable' puisse se produire : la remise de la dette internationale, l'abolition de la peine de mort et la réaffectation des dépenses militaires à la lutte contre la faim ».
Mardi, les drapeaux européens étaient en berne devant les institutions de l'UE, à Bruxelles.
Au Parlement européen, les réactions à la mort du Pape François ont été nombreuses. Le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, a rendu hommage à « un grand maître de la foi, un grand ami de l'humanité ». La dirigeante du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez, a mis en avant « sa compassion, son altruisme et son engagement en faveur de la justice sociale ». Au nom du groupe CRE, l'Italien Nicola Procaccini a salué « l'humilité simple et bon enfant, le charisme évangélique et l'engagement en faveur de la paix » du premier jésuite devenu pape. Le président du groupe PfE, le Français Jordan Bardella, a estimé que le pontificat du pape François avait été marqué par « une attention constante portée aux oubliés et à la dignité des plus fragiles ».
Lors de son premier voyage officiel, le pape s'était rendu en 2013 sur l'île italienne de Lampedusa où débarquent de nombreux migrants en situation irrégulière, fustigeant l'indifférence du monde vis-à-vis de leur sort. Il a souvent critiqué les politiques migratoires restrictives de l'UE.
En mai 2016, alors qu'il recevait le 'Prix Charlemagne' récompensant les personnalités s'engageant en faveur de l'unification européenne (EUROPE 11547/20), le Pape François avait questionné cette Europe qui cède aux « égoïsmes », invitant les Européens à garder à l'esprit que « l'identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle ». En novembre 2014, à Strasbourg, devant le Parlement européen (EUROPE 11204/5) et le Conseil de l'Europe (EUROPE 11205/30), il avait regretté que les grands idéaux ayant inspiré l'Europe aient « perdu leur force attractive en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions ».
En mars 2013, les anciens présidents de la Commission, José Manuel Barrroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avaient participé à la messe d'inauguration du pontificat du Pape François (EUROPE 10806/9). (Mathieu Bion)