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Bulletin Quotidien Europe N° 11547
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INSTITUTIONNEL / (ae) prix charlemagne

L'Europe a besoin d'un nouvel humanisme, selon le pape François

Bruxelles, 09/05/2016 (Agence Europe) - Dans un vibrant plaidoyer en faveur de l'intégration européenne, le Pape François a appelé les Européens, en recevant le prix Charlemagne, vendredi 6 mai, à revenir « à cette solidarité de fait, à la même générosité concrète » qui ont guidé les Pères fondateurs de l'UE et, en même temps, à bâtir un nouvel humanisme européen.

« Que t'est-il arrivé ? », a répété à plusieurs reprises le Pape François, en questionnant cette Europe actuelle qui cède à « nos égoïsmes » et qui se contente « de retouches cosmétiques ou de compromis bancals pour corriger quelques traités ». Les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, du Parlement européen, Martin Schulz, et du Conseil européen, Donald Tusk, présents à la cérémonie au Vatican pour la remise de ce prix qui est attribué depuis 1950 à des personnalités qui se sont engagées pour l'unification européenne, ont ainsi pu entendre un Pape François inquiet de l'état de l'Europe, de la situation de ses jeunes et de celle des migrants. Mais, ils ont aussi entendu une parole qui s'est voulue bienveillante et confiante que ce « cher continent » sera en mesure « de donner naissance à un nouvel humanisme fondé sur trois capacités: la capacité d'intégrer, la capacité de dialoguer et la capacité de générer ».

Ces trois capacités doivent aider les Européens à répondre aux défis immédiats. « Intégrer » signifie ici rejeter l'exclusion qui « provoque la lâcheté, l'étroitesse et la brutalité » afin de privilégier « une forte intégration culturelle », tout en gardant à l'esprit que « l'identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle ». « Dialoguer », c'est savoir montrer à cet Autre, personnalisé aujourd'hui dans la figure du migrant, que l'Europe est capable de le voir comme « un sujet à écouter, considéré et apprécié ». Avec le terme « générer », le Pape François a finalement voulu mobiliser tous les Européens, particulièrement les jeunes, à s'investir dans le projet européen, en tant qu'« agents de changement et de transformation ».

À cela vient s'ajouter une dernière capacité, oubliée par de nombreux Européens, mais qui a été au cœur du projet européen. L'Europe ne pourra, aujourd'hui, relever tous ces défis que si elle se décide à passer « d'une économie liquide », qui corrompt et se fonde sur le profit et la spéculation, à « une économie sociale ». C'est en effet cette dernière qui « nous ouvrira de nouveau la capacité de rêver de cet humanisme dont l'Europe a été le berceau et la source », selon le souverain pontife. (Jan Kordys)

 

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