Bruxelles, 09/05/2016 (Agence Europe) - Sous la pression d'une douzaine d'États membres emmenés par la France et l'Irlande, de députés européens et des organisations professionnelles, la Commission a finalement renoncé, mercredi 4 mai, à inclure le bœuf et l'éthanol dans l'offre révisée de l'UE au Mercosur.
De source communautaire proche du dossier, la Commission a décidé, lors de la réunion du collège des commissaires du 4 mai, de ne pas inclure dans l'offre révisée de l'UE en matière d'accès au marché qu'elle doit échanger avec le bloc Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela ne participant pas aux pourparlers) le 11 mai (EUROPE 11533) les contingents d'importation tarifaires un temps prévus pour la viande bovine (78 000 tonnes) et l'éthanol (600 000 hectolitres).
La Commission a finalement cédé face aux mises en garde répétées d'une douzaine d'États membres emmenée par la France, l'Irlande et la Pologne, qui avaient de nouveau réitéré, lors d'une réunion des experts commerciaux des États membres, le 28 avril, leur opposition à l'inclusion des quotas d'importations tarifaires pour les produits agricoles sensibles dans l'offre révisée de l'UE.
Elle a aussi fléchi devant les réticences manifestées au Parlement européen - où 14 députés emmenés par le président de la commission de l'agriculture, Czeslaw Siekierski (PPE, polonais), avaient demandé au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, fin avril, de protéger les produits agricoles sensibles (EUROPE 11543) - et par les organisations et les coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) - qui avaient aussi appelé M. Juncker, fin avril, à ne traiter les produits sensibles qu'à la fin des négociations.
L'association professionnelle française du bétail et des viandes Interbev a, pour sa part, salué, vendredi 6 mai, la décision de M. Juncker, de faire machine arrière, plaidant aussi pour une décision semblable pour les négociations de libre-échange UE/États-Unis (TTIP). (Emmanuel Hagry)