Bruxelles, 09/05/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne pourrait retirer sa proposition d'autoriser le recours à l'acide peracétique pour la décontamination des carcasses de volailles, selon un article d'Agra Europe publié lundi 9 mai.
Cette proposition, faite en décembre 2015 dans le cadre de la stratégie de lutte contre la bactérie Campylobacter, avait surtout pour objectif de permettre les importations de poulets en provenance des États-Unis, qui utilisent massivement ce moyen de décontamination ('poulet à la javel'), alors qu'Européens et Américains négocient un accord de libre-échange transatlantique. C'est d'ailleurs une des principales exigences des États-Unis en matière de barrières sanitaires et phytosanitaires à lever dans le cadre de ces discussions. L'UE avait déjà autorisé, en 2013, l'usage de l'acide lactique pour le traitement des carcasses de bovins, en signe de bonne volonté au moment d'entamer ces discussions.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait donné son feu vert en mars 2014 à l'utilisation en Europe de l'acide peracétique, estimant que ce produit ne présente aucun problème de toxicité. Mais de nombreuses voix, en particulier les associations de consommateurs, soulignent que le traitement des carcasses de poulets par des bains de solution chimique ne coïncide pas avec la conception européenne de la sûreté alimentaire 'de la fourche à la fourchette' basée sur une maîtrise des contaminants tout au long de la chaîne de production. Les organisation et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) se montrent moins catégoriques. Si elles défendent l'approche européenne préventive, elles estiment néanmoins que l'autorisation de l'usage de l'acide peracétique représente aussi une option. (Lionel Changeur)