Bruxelles, 25/11/2014 (Agence Europe) - Le Pape François a demandé aux eurodéputés de remettre « la dignité humaine » au coeur des préoccupations européennes, lors de sa visite au Parlement européen, mardi 25 novembre, un quart de siècle après celle de Jean Paul II.
Idéaux des pères fondateurs. Contemplant une Europe « un peu vieillie et comprimée », dans un monde « de moins en moins euro-centrique », le souverain pontife a plaidé pour un retour aux convictions des Pères fondateurs de l'UE. Celles qui plaçaient l'homme - doté de « dignité transcendante » - au coeur d'un ambitieux projet politique et pas en tant que citoyen ou sujet économique, a-t-il souligné. Mais le Pape a regretté que les grands idéaux qui ont inspiré l'Europe aient « perdu leur force attractive, en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions ». Notant encore « la méfiance des citoyens vis-à-vis des institutions considérées comme distantes (…) sinon complètement nuisibles », il a constaté avec regret « une prévalence des questions techniques et économiques au centre du débat politique, au détriment d'une authentique orientation anthropologique ». Le résident du Saint-Siège a donc fait valoir aux eurodéputés et aux membres du collège de la Commission réunis que l'heure était venue de construire une Europe qui tourne « non pas autour de l'économie, mais autour de la sacralité des personnes humaines, des valeurs inaliénables ».
Immigration et écologie à côté de la famille. Dans cet ordre d'idées, le Pape François a rappelé le caractère précieux de la vie - regrettant qu'elle puisse être éliminée « sans trop de scrupules comme dans le cas de malades en phase terminale ou des enfants tués avant de naître », ainsi que les valeurs de la famille, de l'éducation et de dignité du travail. Le Pape a en outre estimé intolérable que «la mer Méditerranée devienne un grand cimetière », incitant à tenir compte de la dignité humaine des immigrés, à garantir l'accueil des migrants, ainsi qu'à agir sur les causes et non sur les effets de la migration. À côté de « l'écologie humaine, faite du respect de la personne », le pontife a en outre eu à coeur de souligner la nécessité de l'écologie environnementale. « Respecter l'environnement signifie éviter de le défigurer, mais aussi l'utiliser pour le bien », a-t-il déclaré, avant de faire allusion au secteur agricole.
Réveil de l'Europe. Le Pape a donc veillé à tenir un discours rassembleur et à envoyer un « message d'encouragement et d'espoir » au Parlement européen. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a d'ailleurs souligné que chacune des paroles du pontife avait un sens pour tout, « car ces thèmes sont universels et vos paroles donnent une orientation dans un monde désorienté ». Les chefs de file des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates du Parlement européen, Manfred Weber et Gianni Pittella, ont vu dans l'allocution du Pape un appel à un réveil de l'Europe.
Le socialiste belge Marc Tarabella a partagé cet enthousiasme, mais y a mis un bémol suite aux allusions du Pape à l'euthanasie et à l'avortement, « spécialement lors de la Journée internationale de lutte contre la violence envers les femmes » (voir autre papier). (MD)