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Bulletin Quotidien Europe N° 11204
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) social

Tout le monde s'inquiète pour la crédibilité de la stratégie Europe 2020

Bruxelles, 25/11/2014 (Agence Europe) - Puisque les objectifs sociaux de la stratégie EUROPE 2020 risquent de ne pas être atteints, c'est la crédibilité de la stratégie elle-même qui est en jeu. Cet avis a été partagé par la plupart des intervenants lors d'un débat en séance plénière au Parlement européen, mardi 25 novembre. Une des solutions qui a été évoquée est de faire des objectifs sociaux des objectifs contraignants, afin d'éviter qu'ils ne soient que des « chiffres inutiles », selon l'expression de la députée Marian Harkin (ADLE, irlandaise).

La stratégie EUROPE 2020 a deux objectifs sociaux: assurer un emploi à 75% de la population active dans l'UE et faire en sorte que le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l'exclusion sociale soit réduit de 20 millions d'unités. Ces deux objectifs ne seront pas atteints (EUROPE 11125). La députée Marita Ulvskog (S&D, suédoise), qui a initié au nom de la commission emploi et affaires sociales (EMPL) une discussion en séance plénière sur l'« emploi et les aspects sociaux dans le cadre de la stratégie EUROPE 2020 », mardi 25 novembre, a dressé un sombre bilan de la situation, en évoquant une pauvreté en hausse, des filets de sécurité minés, une inégalité croissante, un taux de chômage record et des emplois précaires en masse.

Quelles solutions l'UE doit-elle apporter? Au niveau du Conseil des ministres, la situation est claire: il n'est pas question de modifier cette stratégie (EUROPE 11178). Au Parlement, personne n'a non plus évoqué cette idée. Mais, tout le monde s'accorde sur le fait que quelque chose doit être fait et ce sont surtout deux pistes qui ont été discutées.

D'une part, l'attente est grande de voir ce que présentera la Commission européenne, mercredi 26 novembre, dans son plan d'investissements de 300 milliards d'euros. Présente au débat, la commissaire Marianne Thyssen (Emploi, Affaires sociales, Compétences et Mobilité professionnelle) n'en a pas soufflé le moindre détail, même si elle a assuré implicitement que ce plan contribuera, d'une manière ou d'une autre, à la poursuite de la stratégie EUROPE 2020. Mme Ulvskog a appelé à ce que les investissements pour la formation, l'éducation, la prise de participation des femmes dans le marché du travail, les soins aux enfants, l'intégration et l'inclusion des personnes vulnérables et la lutte contre le chômage des jeunes ne soient pas oubliés.

D'autre part, c'est sur le plan de la gouvernance économique européenne que des pistes ont été évoquées pour renforcer les objectifs sociaux de cette stratégie. Le secrétaire d'État italien chargé des Affaires européennes, Sandro Gozi, aimerait ainsi que les différentes formations du Conseil de l'UE soient moins cloisonnées, surtout en ce qui concerne les Conseils des ministres en charge des Affaires économiques (ECOFIN) et des Affaires sociales (EPSCO), en particulier pour casser ce « déséquilibre » entre, d'un côté, la coordination des politiques sociales et, de l'autre côté, la gouvernance macroéconomique. Sur le même ton, le député David Casa (PPE, maltais) a appelé à ce que les objectifs sociaux soient davantage pris au sérieux. Mais, ce sont les députées Jutta Steinruck (S&D, allemande) et Marian Harkin (ADLE, irlandaise) qui ont demandé clairement, sur ce point, la plus ambitieuse des avancées: que les objectifs sociaux deviennent contraignants, au même titre que les objectifs de politiques économique et budgétaire dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance. (JK)

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