L’Agence européenne pour l’environnement (EEA) et l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA) ont détaillé l’impact du transport maritime européen sur la pollution atmosphérique, dans une évaluation conjointe publiée lundi 3 février.
Le transport maritime représente 14,2% des émissions de CO2 des transports européens, selon le rapport (EUROPE 13526/31). Ces émissions ont augmenté continuellement depuis 2015 pour atteindre 137,5 millions de tonnes en 2022.
Dans le détail, les observations sont mitigées. Les émissions d’oxyde de soufre (SOx) ont chuté de 70% depuis 2014, grâce aux zones de contrôle des émissions ('Sulphur Emission Control Area', SECA) en Europe du Nord, établies par l’Organisation maritime internationale (OMI). Toutefois, celles d’oxydes d’azote (NOx) ont augmenté en moyenne de 10% entre 2015 et 2023. En parallèle, les émissions de méthane (CH4) ont au moins doublé entre 2018 et 2023 et représentaient 26% de tout le méthane libéré par les transports européens en 2022.
« La SECA en Méditerranée, qui devrait prendre effet en mai 2025, devrait permettre de reproduire la réussite observée dans le Nord de l’Europe », indique l’étude. En revanche, la régulation en mer du Nord et en mer Baltique est inefficace en ce qui concerne les oxydes d'azote.
Le transport maritime affecte aussi la biodiversité et la pollution marine dans l’UE : en 2022, 27% des fonds marins proches des côtes européennes ont été touchés par des activités liées au secteur.
Enfin, les auteurs soulignent l’augmentation de 40% des rejets d’eaux ménagères entre 2014 et 2023, liée essentiellement à la croissance de l’activité des navires de croisière.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/fdc (Justine Manaud, stagiaire)