Les vice-présidents de la Commission, Stéphane Séjourné et Roxana Mînzatu, chargés respectivement de la Prospérité et de la Stratégie industrielle et de l’Emploi, des Droits sociaux et de la Préparation, ont rencontré, mercredi 5 février, les représentants d’IndustriALL, la plus grande confédération européenne de syndicats du secteur industriel.
La rencontre avait pour objectif d'essayer de dissiper les potentielles craintes concernant les efforts de simplification annoncés par la Commission, notamment quant au respect des objectifs sociaux, et de donner plus de visibilité aux plans sectoriels prévus pour enrayer le décrochage de secteurs tels que l’automobile, l’acier et la chimie.
« Nous avons présenté nos demandes communes et notre appel commun en faveur d'un accord industriel propre ambitieux pour des emplois industriels de qualité. Nous sommes convenus de l'urgence et de la nécessité de préserver la capacité industrielle et les emplois et de protéger les travailleurs. Nous avons exigé que toute aide à l'industrie soit assortie de conditions sociales - pas de chèques en blanc - afin de garantir un retour au contribuable et à la main-d'œuvre », a notamment commenté la secrétaire générale Judith Kirton-Darling.
Selon une autre source, le message principal des syndicats a porté sur le coût de l’énergie, qui grève la compétitivité de l’industrie européenne. La question des investissements et de la conditionnalité sociale de ces investissements, à savoir le maintien de l’emploi, a également été abordée.
Par ailleurs, il y a eu convergence totale sur le fait qu’il y a urgence pour maintenir le tissu industriel et le savoir-faire européens.
Le 5 février, IndustriALL avait appelé à une vaste mobilisation dans le quartier des institutions européennes à Bruxelles pour « demander à l'UE d'agir face à la crise de nos industries, qui a vu 100 000 personnes perdre leur emploi au cours des derniers mois dans des entreprises comme Audi, Volkswagen, Thyssenkrupp, ArcelorMittal et Northvolt », a notamment souligné la Confédération européenne des syndicats dans un communiqué publié la veille.
L'organisation y a rappelé sa demande en faveur d’une directive sur la transition juste, qui « garantirait qu'aucun travailleur ni aucune communauté ne soit laissé pour compte en anticipant et en gérant le changement, au lieu de passer d'une crise à l'autre, comme c'est le cas actuellement ».
Elle devrait donner aux travailleurs le droit à la formation pendant les heures de travail, alors que l'UE n'atteint pas son objectif de 60% d'adultes en formation, et devrait garantir que les travailleurs bénéficient de la négociation collective. (Solenn Paulic)