« Dans d’autres régions du monde, on pense que (...) s’affranchir des règles communes offre un avantage comparatif. Mais en Europe, nous savons que c’est le contraire », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lundi 27 janvier, lorsque le Collège des commissaires européens a prêté serment devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
D'après la chrétienne-démocrate allemande, l'économie européenne est compétitive lorsqu’elle « reste fidèle au pacte social européen », « concilie la liberté d’entreprendre et les protections des travailleurs », « lorsque nos citoyens et nos entreprises sont protégés par une justice indépendante ». Et d'ajouter : « L’État de droit, la protection de l’environnement et du climat, l’égalité et la dignité des conditions de travail ne sont pas uniquement des valeurs – ils sont notre avantage concurrentiel ».
Alors que la Commission va présenter mercredi sa 'Boussole pour la compétitivité' (EUROPE 13565/1), Mme von der Leyen a certes préconisé de simplifier « massivement » le droit de l'UE, « mais jamais au détriment des travailleurs ou de l’environnement ».
La présidente de l'institution de l'UE a promis que la Commission continuerait de protéger les traités européens et la Charte des droits fondamentaux de l'UE lors de ces cinq prochaines années qui seront « tout aussi difficiles » que les cinq dernières, évoquant la pandémie de Covid-19 et l'agression militaire russe de l'Ukraine.
Voir le discours de Mme von der Leyen : https://aeur.eu/f/f95
Le président de la Cour de justice de l'UE, Koen Lenaerts, a relevé la complémentarité des actions de la Commission européenne et de la CJUE dans la protection de l'ordre juridique européen.
D'un côté, a-t-il indiqué, la Commission « promeut en toutes circonstances l’intérêt général de l’Union » et « veille à l’application du droit primaire et dérivé de l’Union, le cas échéant, par le recours ultime à la justice européenne ». De l'autre, a-t-il ajouté, la Cour et le Tribunal composent « l’institution judiciaire qui est la garante d’une justice objective, indépendante et impartiale dans les domaines couverts par le droit de l’Union ». Au final, les deux institutions concourent à la mise en œuvre harmonieuse des politiques de l’UE et à la consolidation des acquis de la construction européenne.
Face aux « atteintes portées, de l’intérieur ou de l’extérieur de l’Europe, aux valeurs de l’État de droit », qui menacent nos institutions démocratiques et sont souvent exacerbées par « des campagnes de désinformation et de déstabilisation véhiculées à travers certains réseaux sociaux », « il est du devoir collectif des institutions européennes de continuer à œuvrer quotidiennement à la préservation du socle de valeurs qui fonde notre ordre juridique commun », a conclu M. Lenaerts.
Voir le discours de M. Lenaerts : https://aeur.eu/f/f96 (Mathieu Bion)