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Bulletin Quotidien Europe N° 13566
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits des femmes

Ana Peláez alerte les eurodéputés des menaces que constitue la montée des mouvements politiques autoritaires

La commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM) du Parlement européen a débattu, lundi 27 janvier, des travaux du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

Quarante-cinq ans après l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la présidente du CEDAW, Ana Peláez, a alerté sur la « montée de mouvements politiques autoritaires » menaçant d’ inverser les progrès réalisés jusqu’alors. 

Selon Mme Peláez, les acquis réalisés en matière de droits des femmes pourraient être compromis par une crise protéiforme qui dépasserait les frontières économiques. Le changement climatique, les conflits armés et la montée de mouvements politiques autoritaires mettent en péril l’égalité des genres.

Ces dynamiques, a-t-elle souligné, ne se limitent pas à un déni des droits fondamentaux des femmes, mais s’attaquent également à leur santé, leur autonomie corporelle et leurs droits sexuels et génésiques.

Au sein même de l’Union européenne, des cas de violences systémiques continuent de fragiliser les objectifs de la Convention. 

Ainsi, la pratique des stérilisations forcées reste tolérée dans 14 États membres et touche principalement les femmes handicapées et les minorités ethniques.

L’eurodéputée italienne Carolina Morace (La Gauche) a ainsi fait de cette situation l'acceptation d’un « crime invisible », appelant à des mesures concrètes pour éradiquer ce qu’elle a désigné comme une « violation des droits humains ».

Par ailleurs, le comité CEDAW a récemment publié un rapport d’enquête sur les restrictions à l’avortement légal en Pologne, recommandant une réforme urgente pour garantir l’autonomie des femmes dans les décisions concernant leur corps.

Les reculs observés dans le monde, où des pays abandonnent des législations autrefois progressistes, ont de fait été recensés : la suspension de lois pénalisant les mutilations génitales féminines en Gambie ou encore la suppression de la notion de féminicide en Argentine. 

Ana Peláez a également rappelé qu’en Afghanistan, les droits des femmes sont gravement menacés, rendant l’intervention du comité complexe, mais essentielle.

Face à ces problématiques multiples, la présidente du CEDAW s’est attachée à rappeler le rôle déterminant des parlements, notamment  le PE, pour garantir le respect des droits des femmes.

Elle a insisté sur la mise en œuvre des recommandations du CEDAW, la ratification de son protocole facultatif et l’adoption de cadres juridiques solides. La nouvelle recommandation générale 40 du comité a aussi été évoquée comme constituant une feuille de route vers une parité inclusive dans les systèmes décisionnels, notamment dans le numérique et les secteurs innovants.

Mme Peláez a aussi appelé à un soutien renforcé aux femmes les plus vulnérables - sans-abri, handicapées, autochtones ou victimes de violences de genre - et a exhorté les institutions européennes à ne pas céder face aux retours en arrière. (Nithya Paquiry)

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