L’ambassadeur turc auprès de l’UE, Faruk Kaymakcı, a estimé, dimanche 26 janvier, que 2025 pourrait permettre de renforcer les relations entre l’UE et la Turquie, reconnaissant qu’actuellement, ces relations sont « toujours faibles, pour ne pas dire négatives ».
« Nous voulons ramener nos relations à un niveau normal, ce qui signifie que nous devons nous débarrasser de ces mesures restrictives de juillet 2019 », a expliqué l’ambassadeur à quelques journalistes, dont Agence Europe.
Bien qu'après la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en décembre, la commissaire Hadja Lahbib et la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, se soient rendues en janvier en Turquie, l’ambassadeur a estimé qu’il fallait faire plus. « Tant que nous n’aurons pas mis en place un mécanisme structuré, nous ne pourrons pas mettre en œuvre une action commune. C’est pourquoi nous insistons pour que nous ayons, soit un dialogue politique de haut niveau, soit un conseil d’association le plus rapidement possible, soit les deux », a expliqué M. Kaymakcı.
Le représentant turc a précisé que, lors du Conseil 'Gymnich', le 29 août 2024, auquel son ministre avait été convié, la Turquie et l’UE avaient conclu qu’elles devraient avoir un « dialogue permanent, régulier et structuré », faisant espérer l’ambassadeur « qu’en 2025, nous pourrons avoir la reprise de tous les dialogues à haut niveau ».
En 2019, à la suite de tensions en Méditerranée, quatre dialogues à haut niveau avaient été suspendus sur l’énergie, le transport, l’économie et la politique. Alors que la communication commune de la Commission et du Haut Représentant proposait la reprise des dialogues (EUROPE 13303/18), seul celui sur l’économie est débloqué. D’autres dialogues ont été lancés, entre autres, sur le commerce (EUROPE 13448/22), l’agriculture, la migration et la sécurité. Selon l’ambassadeur, l’objectif de l’UE est d’avoir un dialogue de haut niveau sur la migration le plus rapidement possible. Mais la partie turque souhaite voir d’abord des mesures concrètes, du côté de l’UE, sur les autres dialogues.
L’ambassadeur a aussi appelé au lancement des négociations pour la modernisation de l’Union douanière, également prévue dans la communication commune. « La modernisation de l'Union douanière est une nécessité. Ce n'est pas ce dont la Turquie a besoin, mais c'est une nécessité », a-t-il ajouté. M. Kaymakcı a rappelé que la Turquie était le cinquième plus gros partenaire commercial de l’UE, avec 220 milliards d’euros de volume d’échanges et que ces échanges se limitent uniquement aux produits industriels. De nombreux domaines, tels que les services, l’agriculture, l’énergie ou les marchés publics ne font pas partie de l’union douanière UE-Turquie « alors que, si vous regardez la nouvelle génération d’accords commerciaux, ils sont tous inclus », a regretté l’ambassadeur.
Enfin, M. Kaymakcı a plaidé pour la libéralisation des visas. La Turquie doit encore remplir six conditions. « En attendant, il faut faciliter l'obtention des visas pour les citoyens turcs. Chaque année, 70 000 étudiants, universitaires, artistes attendent des mois pour obtenir un visa ou pour participer à des programmes européens tels qu'Horizon Europe, Erasmus, le Corps européen de solidarité. (…) Même chose pour les hommes d'affaires », a souligné l’ambassadeur. (Camille-Cerise Gessant)