Les commissions de l'Environnement et de l'Agriculture se sont réunies, lundi 27 janvier, en présence d'experts afin d'aborder les questions de la résilience de l'eau et de la mise en place d'un 'Pacte bleu pour l'Europe'.
La situation globale questionne, alors que les sécheresses se multiplient, que 10 millions d'Européens n'ont pas d'accès direct à une eau douce et potable et que, dans certains pays, jusqu'à 60% de l'eau fuit dans les canalisations.
Proposé par le Comité économique et social européen (CESE) en 2023, avec l'appui du Parlement européen, le 'Pacte bleu' a vocation à établir des solutions transverses face aux problèmes de quantité et de qualité de l'eau. La Commission européenne aurait dû présenter sa feuille de route sur une initiative sur la résilience de l'eau au printemps 2024, mais l'avait repoussée.
Pietro de Lotto (CESE) a rappelé la nécessité d'une « politique autonome sur l'eau ». Tout l'enjeu sera de traiter le sujet de façon transversale, par une « coordination entre les portefeuilles des différents commissaires européens » (Agriculture, Industrie, Énergie, Finances, Logement...). Sur le volet financier, le CESE a proposé la création d'un 'Fonds bleu pour la transition' dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027, pour les investissements dans l'eau.
Des objectifs contraignants. Le rapporteur, Thomas Bajada (S&D, Malte), a défendu la nécessité d'objectifs contraignants « par secteur » ainsi que des « objectifs d'efficacité ». Plusieurs députés, dont M. Bajada, ont insisté sur des changements de méthodes dans le secteur de l'agriculture. D'autres, au contraire, ont estimé que les agriculteurs étaient aussi les premières victimes des sécheresses. L'économie circulaire représente un « espoir », a estimé Carmen Crespo-Diaz (PPE, espagnole), dans la mesure où « nous n'utilisons que 2% de notre eau ».
La question des priorités a fait apparaître des divisions. Ne faudra-t-il pas d'abord trouver des solutions via la technologie ainsi que des moyens de financer les mesures, puis envisager de régénérer les terres ? - a demandé Aurelijus Veryga (CRE, lituanien). Kai Tegethoff (Verts/ALE, allemand), quant à lui, s'inquiétait plutôt de la proposition du 'Pacte bleu' « d'ancrer le droit d'activité économique à consommer de l'eau », craignant que cela n'incite à aller dans la mauvaise direction.
Une équipe dédiée. Six commissaires européens travailleront à une stratégie de l'eau, a déclaré Veronica Manfredi, de la DG Environnement, en conclusion des échanges qui ont eu lieu en premier lieu la commissaire à l'Environnement, à la Résilience de l'eau et à une Économie circulaire compétitive, Jessika Roswall. (Florent Servia)