Après leurs échanges avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk (EUROPE 13563/1), les eurodéputés ont poursuivi leurs discussions, mercredi 22 janvier, sur le renforcement de la sécurité et de la défense de l’Union européenne face à des « acteurs hostiles ».
L'Allemande Marie-Agnès Strack-Zimmermann (Renew Europe) a exhorté les Européens à se défendre de manière collective, en coopération avec l'OTAN, à la mesure des menaces actuelles, en particulier celles posées par la Russie.
Selon l'eurodéputée, l'absence de détermination de l'UE après la première attaque russe contre l'Ukraine en 2014 a envoyé des signaux de faiblesse à Moscou.
« La deuxième attaque russe en 2022 repose précisément sur cette indécision, sur ce silence assourdissant. Poutine a supposé que nous n'avions rien à répondre », a-t-elle argué. Et d'ajouter : « Mais nous avons des réponses, et nous devons les apporter si nous voulons continuer à vivre en paix et en liberté à l’avenir ».
Partageant cet objectif, le ministre polonais des Affaires européennes, Adam Szłapka, a préconisé une augmentation rapide des dépenses de défense des États membres. « Nous devons dépenser beaucoup plus, mais aussi mieux et plus rapidement. Ensemble, nous pouvons combler les lacunes critiques de capacités, accroître la production à travers l'Europe et mobiliser des financements supplémentaires », a-t-il déclaré.
D’après la Commission européenne, les investissements dans le 'Fonds européen de la défense', l’Acte de soutien à la production de munitions, ainsi que des achats communs accrus de produits de défense via l’Acte de renforcement de l’industrie européenne de défense 'EDIRPA', témoignent des initiatives concrètes de l’UE pour renforcer sa préparation industrielle, tout en soutenant l’Ukraine.
Un 'Livre blanc' présentant la stratégie de la Commission en la matière est d'ailleurs attendu en mars (EUROPE 13539/21).
D'ici là, la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a souligné le rôle « essentiel » du PE en vue de l'adoption rapide du programme de l'industrie européenne de défense 'EDIP' (EUROPE 13496/12).
« Le renforcement des capacités de sécurité et de défense de l'UE nécessite une approche globale, intersectorielle et transfrontalière. Et nous comptons sur le soutien du Parlement européen pour mettre l'UE sur la voie de la protection de nos citoyens », a conclu la commissaire.
Tout au long du débat, nombreux ont été les eurodéputés, de la gauche à la droite radicale de l'hémicycle, à plaider en faveur d'un renforcement de l'industrie de défense européenne. (Bernard Denuit)