login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13563
Sommaire Publication complète Par article 17 / 30
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT / Éducation

à Varsovie, Andreas Schleicher rappelle aux ministres européens que l'excellence académique et l'inclusion doivent aller de pair

La deuxième journée de réunion informelle des ministres européens de l'Éducation, organisée à Varsovie par la Présidence polonaise, s’est ouverte mercredi 22 janvier sur l’expertise du directeur de l’éducation et des compétences de l’OCDE, Andreas Schleicher.

« Une excellente éducation est toujours inclusive, mais le contraire est également vrai. Vous savez, l'inclusion sans qualité n'est qu'une mauvaise éducation pour tous. Nous devons faire en sorte que les deux côtés de l'équation soient corrects », a déclaré ce dernier, appelant à allier excellence académique et inclusion.

Si, selon lui, de nombreux États membres sont encore à la peine à ce sujet, Andreas Schleicher a néanmoins fait part d'améliorations encourageantes, en Estonie notamment. Le Danemark, par ailleurs, constituerait un bon exemple de réussite. 

Lutter contre l'influence des origines sociales sur la réussite scolaire. En outre, M. Schleicher a pointé du doigt les disparités sociales qui subsistent dans certains systèmes éducatifs.

« Si vous venez d'un milieu pauvre en Slovaquie, vous réussissez aussi bien que les étudiants du Cambodge ou du Paraguay, mais si vous venez d'un milieu aisé, vous accédez à l'élite, au sommet », a-t-il affirmé pour évoquer une nécessaire refonte des politiques éducatives. 

Il s’agirait ainsi d’empêcher toute corrélation entre origine sociale et réussite scolaire : « Certains disent que la pauvreté est une fatalité et que si vous venez d'un milieu défavorisé, les chances vont s'accumuler contre vous. Mais si l'on prend la Suisse, les enfants issus des mêmes milieux sociaux défavorisés qu'en Slovaquie réussissent plutôt bien au regard des normes internationales. (...) Je pense que cela nous montre que la pauvreté n'est pas nécessairement une fatalité ». 

Au cours de la conférence de presse qui a suivi la rencontre, la ministre polonaise de l'Éducation, Barbara Nowacka, a rappelé que l'éducation inclusive guide les priorités de son ministère. 

Interrogée sur les critiques émises par des organisations qui ont protesté contre l'éducation inclusive en affirmant qu'elle abaissait le niveau général, Mme Nowacka a insisté : « Je pense que pour des raisons politiques, les gens ne veulent parfois pas comprendre ce dont nous parlons. L'éducation inclusive est le meilleur soutien possible pour les enfants qui peuvent être inclus dans le système ».

Elle a également souligné les progrès réalisés grâce à l’inclusion, citant notamment l’intégration réussie des enfants ukrainiens dans les écoles polonaises. Cet accueil sera notamment renforcé par le soutien de 116 millions d'euros de la Commission européenne (EUROPE 13561/25). 

Les enseignants, acteurs centraux. Le rôle des enseignants, également, est apparu comme déterminant.

« Andreas Schleicher a déclaré que les élèves apprennent mieux auprès des enseignants qu'ils aiment », a rapporté la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des Droits sociaux et des Compétences, des Emplois de qualité et de la Préparation, Roxana Mînzatu, en conférence de presse.

Se référant aux propos du directeur de l’éducation et des compétences de l’OCDE, qui estime que la relation professeur-élève est un vecteur d’inclusion, la commissaire a rappelé que la mise en œuvre de ce concept passait par une redéfinition du rôle des enseignants, tant comme instructeurs que comme mentors et accompagnateurs ; avant même, l’embauche de personnel spécialisé.

Il faut ainsi les soutenir dans leur carrière et leur formation.

« Il est essentiel de comprendre que, quel que soit le travail que nous accomplissons pour l'Europe de l'éducation, il commence par les enseignants », a affirmé en ce sens Mme Mînzatu. 

Aussi doit être adoptée une approche personnalisée qui s'adresse à chaque élève en fonction de ses besoins spécifiques, chaque enfant méritant une éducation adaptée à ses besoins. 

Concernant la mise en œuvre de la stratégie européenne visant à renforcer les compétences et la formation professionnelle, l''Union des compétences', Mme Mînzatu a avancé que cette stratégie inclura un 'Agenda pour les enseignants' qui proposera des outils pour valoriser et soutenir leur travail. 

La technologie, une promesse à usage modéré. Enfin, la réunion a été l’occasion de discuter du rôle des technologies dans l’éducation. M. Schleicher, qui a reconnu leur potentiel, notamment pour les élèves ayant des besoins spécifiques, a toutefois mis en garde contre les risques liés à une utilisation excessive.

Si, selon lui, « la technologie est une grande promesse pour l'inclusion », des usages inadaptés peuvent y nuire autant qu’à l’apprentissage. (Nithya Paquiry)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES