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Bulletin Quotidien Europe N° 13563
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POLITIQUES SECTORIELLES / RÉgions

Les représentants des institutions de l’UE s’engagent à soutenir comme il se doit les régions ultrapériphériques

À l’occasion de la conférence des présidents des régions ultrapériphériques de l'UE, mardi 21 janvier, les eurodéputés et les représentants des institutions de l’UE ont souhaité la poursuite, après 2024, des soutiens en faveur de ces régions les plus lointaines. 

« Le Parlement européen se battra pour les RUP », a dit la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, en référence aux futures négociations entre institutions de l’UE sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE post-2027. Il faudra veiller à ce que les prochains programmes soutiennent les projets de transformations pour promouvoir l’innovation et la compétitivité, a-t-elle souligné.

« Nous avons la responsabilité de soutenir leur développement. En tant que président du Conseil européen, mon rôle sera donc de veiller à ce que les neuf régions ultrapériphériques soient pleinement reconnues dans notre politique de cohésion, dans notre boussole de la compétitivité, dans nos solutions financières et dans notre développement durable », a déclaré le président du Conseil européen, António Costa, dans son discours (https://aeur.eu/f/f5h ). Il a souligné aussi le besoin de veiller à ce que l'Union européenne conserve « une vision stratégique stable fondée sur la cohésion territoriale et les économies intégrées, au bénéfice de tous nos citoyens et de toutes nos régions ».

Ces régions nécessitent « des mesures spécifiques en termes de législation de financement et de programmes communautaires. Tout ceci traduit l'esprit des traités et c'est précisément ce que la Commission européenne, le Conseil et le Parlement essaient de réaliser tous ensemble », a résumé Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne, responsable de la Cohésion.

M. Fitto a assuré que la politique de cohésion et toutes les politiques de l'Union européenne « doivent maintenir une approche axée sur le territoire ». « Nous devons relever les défis auxquels ces régions sont confrontées », a insisté le commissaire.

Vision commune. M. Fitto s’est engagé, en tant que coordinateur au sein de la Commission de différentes politiques (agriculture, pêche, transport), à « mettre en place une vision commune pour les RUP dans le cadre de l'ensemble de ces politiques ». Par exemple, l'autonomie alimentaire et le coût de la vie très élevé représentent des défis énormes auxquels ces régions sont confrontées. Il faudra donc en tenir compte dans la future vision sur l'agriculture, qui sera présentée à la mi-février par la Commission, selon le vice-président. Concernant la pêche, M. Fitto a dit comprendre les besoins urgents de modernisation de la flotte de pêche des RUP. « Il faut garantir la survie de ce secteur. Les aides d'État pour cet objectif sont essentielles, à condition que les conditions qui ont été définies soient respectées », a-t-il signalé. En conclusion, le commissaire a déclaré que la Commission allait continuer à « soutenir les RUP avec tous les instruments à sa disposition ».

Une politique de cohésion forte. Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion et présidente de la conférence des présidents des RUP, a souhaité lancer un débat sur « la juste place de la politique de cohésion » dans le prochain CFP et sur une meilleure prise en compte de l’article 349 du traité dans les politiques de l’UE (EUROPE 13551/6). L’article 349 permet au Conseil d’arrêter des mesures spécifiques visant à adapter certaines dispositions du droit et des politiques de l’Union aux caractéristiques et contraintes particulières de ces régions.

En fin de débat, Mme Bello a préconisé une politique de cohésion forte sur la période 2028-2034, avec un budget fort, c'est à dire au moins équivalent au budget actuel (2021-2027). Elle a aussi demandé d’intégrer pleinement les RUP dans le futur plan européen pour le logement abordable et la nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté. Elle a évoqué en outre le futur 'Pacte européen pour les océans', qui devrait, selon elle, tenir compte de la contribution des RUP à la dimension maritime de l’UE.

Younous Omarjee (La Gauche, français), vice-président du PE, a estimé que l’article 349 du traité constituait « notre principal bouclier et fer de lance » pour conquérir de nouvelles avancées. Sans doute y a-t-il des possibilités pour utiliser « encore mieux » cet article du traité dans d’autres politiques (que la politique de cohésion), a-t-il ajouté.

François-Xavier Bellamy (PPE, français) a estimé que les décisions de l’UE étaient souvent inadaptées aux conditions de vie dans ces régions et a dénoncé le fait que les fonds de l’UE, par exemple ceux destinés à Mayotte, étaient sous ou pas utilisés. Catarina Martins (La Gauche, portugaise) a critiqué les idées de réforme visant à concentrer la gestion des fonds au titre de la politique de cohésion.

Lien vers l'évènement : https://aeur.eu/f/f5i (Lionel Changeur)

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