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Bulletin Quotidien Europe N° 13563
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Environnement

Au Parlement, les eurodéputés soutiennent la position ambitieuse de la Commission européenne sur le 'traité plastiques'

Un débat s’est tenu mercredi 22 janvier au Parlement européen de Strasbourg sur l’échec, fin 2024, de la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociations (CIN-5) pour un 'traité international sur les plastiques' (EUROPE 13536/14). Suspendue, la session doit reprendre au printemps. 

Rassuré que « plus de 100 pays partagent les mêmes ambitions » que l’UE, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a fait part d’emblée de sa déception de n’avoir pas vu émerger d'accord.

Les pays les moins ambitieux ont souhaité limiter le traité à une gestion des déchets plastiques et se sont opposés à la réduction de la production de polymères plastiques primaires, à celle de produits en plastique problématiques (ceux à usage unique) ainsi qu’aux interdictions et aux restrictions des produits chimiques préoccupants dans les produits en plastique. 

« Pas d'accord vaut mieux qu’un mauvais accord », a estimé Magnus Brunner. Pour y parvenir, les décisions devraient d'ailleurs « être prises à la majorité, si le consensus échoue », selon lui. 

Lors du débat, les eurodéputés porte-paroles des quatre groupes politiques de la majorité pro-européenne, mais aussi de La Gauche, ont soutenu les ambitions de l'UE. Au nom du PPE, Liesbet Sommen s'est alignée sur les ambitions de la Commission, poussant l'UE à agir seule dans le cas où l'accord international ne se ferait pas. 

À l'origine du débat, le S&D a insisté sur la nécessité de réguler la production. « 22% des plastiques produits finiront dans l'environnement et dans nos océans, et seulement 9% de ces plastiques sont recyclés aujourd'hui », a détaillé Christophe Clergeau (S&D, français), pointant du doigt « les lobbies pétroliers, qui considèrent l'industrie plastique comme une opportunité pour se repositionner », parce que « nous nous éloignons des combustibles fossiles ». 

Sara Matthieu (Verts/ALE, belge) a toutefois dénoncé l'hypocrisie que représente l'investissement « dans de grandes usines de production de plastique [en Europe], comme celle de la société Ineos à Anvers ». Ce qui rend certes « les nouveaux plastiques bon marché », mais au prix « du maintien de l'économie fossile en vie ». 

« On ne peut pas accuser les producteurs de tous les maux », a déclaré Anna Zalewska (CRE, Pologne). Sa consœur d'extrême droite Barbara Bonte, issue des Patriotes pour l'Europe, a appelé à « stopper cette réglementation », accusant l'UE de vouloir être « le leader moral partout », quand son industrie périclite. (Florent Servia)

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