90 délégations - mais pas Israël - se sont réunies, jeudi 28 novembre à Bruxelles, dans le cadre de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États, afin « de rassembler toutes les initiatives et toutes les capacités pour être actifs (…) pour mettre déjà en place une dynamique », a annoncé le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell.
« Nous sommes ici pour travailler à faire de l’État des Palestiniens un objectif et pour mettre en place un cadre afin que tous ceux qui veulent y travailler puissent y contribuer. Des contributions financières, des contributions politiques, des choses pratiques », a-t-il expliqué. M. Borrell a rappelé que les paramètres pour la solution étaient connus et agréés depuis des années, mais qu’il fallait voir comment les rendre opérationnels.
Tout en reconnaissant que mettre fin à la guerre à Gaza devait être la priorité la plus urgente, « préparer le terrain pour la paix n’en est pas moins important – même si les parties ne sont pas prêtes. L’une des parties au moins n’est pas prête à cela », a-t-il regretté.
Ainsi, M. Borrell a expliqué que la situation était difficile, car « malheureusement, la société israélienne est colonisée de l’intérieur par l’extrémisme et des gens violents ». « Le problème, c'est qu'il y a des forces qui ne veulent pas (de la solution à deux États), ni avec ces paramètres ni avec aucun paramètre. (Le problème avec) les paramètres sont une obstruction claire (du gouvernement Netanyahou). Ils ne cachent pas (qu'ils veulent) empêcher par tous les moyens l'existence d'un État palestinien. Et c'est à ça qu'il faut s'attacher », a-t-il ajouté.
Alors qu’il quittera son poste ce vendredi, le Haut Représentant a demandé à tous ceux qui se sont engagés à soutenir la solution à deux États de continuer à travailler dur sur ce sujet. « Sans elle, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, et sans paix au Moyen-Orient, toute la région sera en danger. Pas seulement toute la région. C’est un cancer qui va se métastaser, affecter les relations internationales et affecter – de l’intérieur – les sociétés européennes », a-t-il mis en garde. « Depuis des années, nous en parlons sans rien faire. Il est temps d’agir », a-t-il insisté. (Camille-Cerise Gessant)