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Bulletin Quotidien Europe N° 13534
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / SantÉ

Les eurodéputés ne parviennent pas à adopter de résolution commune sur les environnements sans fumée ni aérosols

Le Parlement européen n'est pas parvenu, jeudi 28 novembre à Strasbourg, à se mettre d'accord sur une résolution commune de plusieurs groupes politiques visant à évaluer la recommandation du Conseil relative aux environnements sans fumée et sans aérosols. 

Une situation qui satisfait les eurodéputés, qui ont été nombreux à applaudir lors de l'annonce du rejet de la résolution commune PPE, S&D, Renew Europe et Verts/ALE : 152 voix pour le texte de la résolution commune, 378 contre et 26 abstentions. Les résolutions alternatives des différents groupes ont connu le même sort (celle du PPE, par exemple, a été rejétée avec 150 voix pour, 342 contre et 14 abstentions). 

Les réactions ne se sont pas fait attendre après le vote. « Le Parlement européen n'a pas réussi à protéger les enfants et les jeunes aujourd'hui, car une coalition du PPE et de groupes d'extrême droite a bloqué des recommandations essentielles visant à étendre les interdictions publiques contre les méfaits des e-cigarettes et des produits du tabac à chauffer. En conséquence, le groupe des socialistes et démocrates a été contraint de voter contre la résolution édulcorée afin de préserver l'intégrité des politiques antitabac », explique le groupe S&D.

Peter Liese (PPE, allemand), de son côté, a conseillé à la Commission européenne de « retirer et réviser en profondeur » la proposition de recommandation. Il est demandé d'interdire de fumer et de vapoter dans les espaces de restauration extérieurs. « La base scientifique de cette demande est assez mince », selon M. Liese. Compte tenu des difficultés auxquelles le secteur de l'hôtellerie et de la restauration est confronté, la proposition est « disproportionnée », d'après lui. Pire encore, il trouve « troublant » que la Commission assimile les e-cigarettes aux cigarettes traditionnelles.

Les eurodéputés se sont montrés divisés sur le contenu de la recommandation proposée par la Commission, notamment au sujet de champ d'application des interdictions, comme l'ont montré les amendements adoptés lors de la séance de vote et le débat la veille au soir en plénière (EUROPE 13484/14). Les travaux au Conseil de l'UE en vue de l'adoption de cette recommandation sont en cours. 

Au nom du PPE, le Français Laurent Castillo a déclaré, mercredi soir, que « les États membres sont libres dans leurs politiques antitabac. Il ne faudrait pas donner le sentiment que l'Union européenne interdit de fumer dans des lieux comme les terrasses de cafés et de restaurants ». Il s'est dit favorable à la création d'environnements sans tabac autour des écoles et des hôpitaux, tout en demandant que soient fournies des preuves réelles sur la nocivité les cigarettes électroniques, car, selon lui, elles doivent pouvoir « aider ceux qui fument à sortir du tabac sans devenir pour autant un gadget attrayant pour les plus jeunes et les non-fumeurs ».

Compétences nationales ? Pietro Fiocchi (CRE, italien) a souligné qu’il n’était « pas bon d'assimiler les alternatives au tabagisme traditionnel ». Dans un communiqué du groupe, il dit considérer l'interdiction de fumer en plein air comme une « violation de la liberté individuelle ».

Le Tchèque Ondřej Knotek, au nom du groupe PfE, a estimé de son côté que l’UE ne devait pas s’immiscer de manière excessive dans la vie des Européens et que les institutions européennes devaient respecter « les compétences et la souveraineté nationales ».

Des amendements dangereux, selon la gauche. Alessandra Moretti (S&D, italienne) est montée au créneau, en soulignant que l'interdiction de fumer doit être étendue à tous les espaces ouverts où les gens se rassemblent, mais aussi aux nouveaux produits du tabac, tels que les e-cigarettes et le tabac chauffé. 

Malheureusement, « beaucoup de gens de droite et d'autres ont du mal à accepter les preuves scientifiques : ils proposent des amendements dangereux qui nient les positions de la science et présentent faussement les nouveaux produits comme étant moins dangereux. C'est inacceptable », a lancé Mme Moretti.

Ignazio Roberto Marino (Verts/ALE, italien) a soutenu les propos de Mme Moretti et a ajouté que la santé publique de chacun devait « prévaloir sur les intérêts économiques de l'industrie ».

La recommandation proposée devrait également être « associée aux travaux en cours visant à évaluer les règles de l'UE en matière de tabac. De cette manière, nous garantirons que l'UE continue à disposer d'un ensemble complet, actualisé et efficace d'actions en matière de lutte antitabac », a déclaré la commissaire à l'Égalité, Helena Dalli, lors du débat de mercredi au sein de l'hémicycle. (Lionel Changeur)

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