Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a une nouvelle fois plaidé, du 9 au 11 novembre, lors d’une visite en Ukraine, pour l’intensification du soutien au pays.
Ce « soutien (de l’UE) inébranlable est absolument nécessaire » pour que le pays continue de se défendre contre l’agression russe et doit s’intensifier, a souligné M. Borrell lors de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Andrii Sybiha.
« L'important est de fournir des chars, des avions de chasse (…), des défenses aériennes et des munitions. On ne fait pas la guerre sans munitions. On ne fait pas la guerre sans la capacité militaire dont on a besoin. Et j'ai toujours insisté pour qu'il y ait plus et plus vite. C'est mon appel permanent », a rappelé M. Borrell. Et d’insister : « Plus de soutien militaire, plus de capacités de formation, plus d'argent, des approvisionnements plus rapides et aussi la permission de frapper les cibles militaires de l'ennemi sur son territoire. Il ne suffit pas d'arrêter les flèches, il faut attaquer les archers ». Il faut « moins de lignes rouges auto-imposées », selon le Haut Représentant.
Revenant sur la présence dans la région de soldats nord-coréens, M. Borrell a appelé à exercer une forte pression sur Pyongyang, afin que sa présence ne s’accroisse pas.
Alors que Donald Trump s’est vanté de pouvoir régler le conflit en 24 heures, M. Borrell a expliqué que l’UE soutenait les efforts diplomatiques de l’Ukraine par la formule de paix, « seule façon de parvenir à une paix juste et durable ». « C'est à l'Ukraine de décider quand s'asseoir à la table des négociations et à quelles conditions », a rappelé M. Borrell, selon lequel le président russe, Vladimir Poutine, ne négociera pas à moins d'y être contraint.
Le Haut Représentant a estimé que la Russie devait payer pour ses actes. « Nous disposons de 300 milliards d'euros d'actifs russes gelés qui pourraient être utilisés pour payer la reddition des comptes, les compensations pour les personnes qui en souffrent et pour les destructions causées par l'invasion russe. Cela ne devrait pas être gratuit », a-t-il prévenu.
M. Borrell a aussi souhaité que les mesures contre le contournement des sanctions soient renforcées, « car la Russie ne peut pas produire sans pièces détachées, puces et autres composants étrangers ». « Nous devons utiliser les sanctions pour isoler la capacité industrielle de la Russie des composants qu'elle doit importer du reste du monde », a-t-il expliqué.
Le Haut Représentant a également félicité les Ukrainiens qui, malgré la guerre, ont réussi à avancer sur des réformes clés. Selon lui, l’Ukraine progresse « à une vitesse qu'(il) n’(a) jamais vue dans aucun autre pays candidat dans le processus d’adhésion ».
La situation en Ukraine sera discutée le 18 novembre par les ministres des Affaires étrangères et le lendemain par les ministres européens de la Défense. Le même jour, le Parlement européen organisera une session plénière extraordinaire pour marquer « 1 000 jours de bravoure et de courage du peuple ukrainien », avec une intervention, à distance, du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. (Camille-Cerise Gessant)