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Bulletin Quotidien Europe N° 13505
ACTION EXTÉRIEURE / Golfe

L’UE et le Conseil de coopération du Golfe s’engagent à renforcer leur partenariat stratégique

À l’occasion de leur tout premier sommet, les pays de l’UE et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont engagés, dans une déclaration commune, à élever le partenariat stratégique UE-CCG « au niveau supérieur ».

« Nous sommes prêts à construire un partenariat stratégique adapté au 21e siècle », a expliqué le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, à l'issue du sommet.

En ouverture de la réunion, le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé que « l'avenir des deux régions était totalement lié », invitant les partenaires à agir ensemble pour « changer le cours de l'histoire ».

De son côté, l’autre coprésident du sommet, l’Émir du Qatar, Sheik Tamim bon Hamad Al Thani, a précisé que la relation était fondée sur « le respect du droit international, la non interférence dans les affaires internes et une prospérité commune ».

Défis sécuritaires. Les dirigeants européens présents ont souligné, en particulier, les défis sécuritaires que rencontraient désormais l’Europe et le Golfe, à la suite de l’invasion de la Russie en Ukraine et de l’escalade du conflit au Proche-Orient. La déclaration que l'UE et la CCG ont adoptée, qui a fait l’objet de nombreuses heures de négociation, fait la part belle à la situation internationale. Les deux blocs ont ainsi décidé de renforcer leur partenariat pour « une stabilité et une paix durables ». 

« Le sommet d'aujourd'hui se tient à un moment critique. Les conflits qui nous entourent exigent des réponses urgentes. Nous savons tous combien il est difficile de surmonter l'amertume de la guerre. Mais c'est possible », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’ouverture du sommet.

À son arrivée, le Premier ministre belge, Alexander De Croo, avait, lui aussi, appelé de ses vœux des efforts communs des deux régions afin de garantir la paix. « Elle ne sera possible que lorsque des personnes raisonnables s'assiéront autour de la table, et nous savons que de nombreux pays du Golfe ont joué un rôle de facilitateur à cet égard », a-t-il déclaré, évoquant le conflit opposant Israël au Hamas.

Dans la déclaration, les deux parties demandent des cessez-le-feu à Gaza et au Liban, la libération des otages et l’accès de l’aide humanitaire. Un appel à la retenue, à la désescalade et à empêcher l’expansion du conflit à l’ensemble de la région a également été lancé. 

Les deux régions mettent aussi en avant l’importance d’un engagement diplomatique avec l’Iran dans ce contexte. Les partenaires expriment un intérêt commun à avoir un dialogue étroit sur les programmes nucléaire, balistique et de drones de l’Iran.

Préoccupés par les menaces sécuritaires et de navigation en mer Rouge, l’UE et le CCG visent, selon leur déclaration, à développer une approche commune en matière de sécurité maritime dans le contexte du dialogue structuré de l’UE sur la sécurité, afin de traiter les questions pertinentes en mer Rouge.

Sur l’Ukraine, l’UE entendait obtenir des pays du Golfe une série d’engagements. Il n'en est rien. « Il y a des différences sur la façon dont nous voyons la guerre d'agression », a reconnu M. Borrell. Ainsi, les partenaires ne condamnent pas directement l’agression russe, uniquement les attaques contre les civils et contre les infrastructures critiques et civiles. Les deux parties se contentent de mentionner la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui « déplore dans les termes les plus forts l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, en violation de l’article 2 (4) de la Charte » et « exige que la Fédération de Russie retire immédiatement, complètement et sans condition toutes ses forces militaires du territoire de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». Les deux blocs soulignent la nécessité de parvenir, « dès que possible, à une paix globale, juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies ».

Alors que les attaques russes sur des navires transportant des céréales et des infrastructures portuaires ont repris, les deux régions mettent également en avant l’importance de soutenir tous les efforts visant à faciliter l’exportation de céréales. 

Commerce. Les deux blocs s'accordent sur le fait que les relations de commerce et d'investissement entre eux peuvent et doivent être approfondies. C'est pourquoi ils souhaitent relancer les négociations sur l'accord de libre-échange UE/CCG. Celles-ci ont été mises en pause en 2009. Cet accord devra comporter un chapitre 'investissements', selon la déclaration conjointe adoptée par les participants au sommet. 

« Les investissements directs entre nos régions ont excédé 100 milliards de dollars en 2022, dans divers secteurs stratégiques. Ces chiffres sont impressionnants. Le partenariat stratégique a le potentiel d'aller encore plus loin », a déclaré le Secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi.

La région du Golfe reçoit en effet un volume important d'investissements directs européens et l'UE a l'ambition d'accroître encore ces flux. L'agrandissement du réseau de chambres de commerce européennes dans la région entre dans cette logique, selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Par ailleurs, les différents cadres de coopération existants entre l'UE et le CCG devraient leur permettre de « continuer à explorer des accords sur mesure pour soutenir le commerce et les investissements ».

Énergie et connectivité. Sur le volet énergétique, les deux parties s'engagent à intensifier leur coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l'hydrogène, de l'efficacité énergétique, de l'électricité renouvelable et des technologies, telles que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone. 

En outre, elles conviennent d’évaluer les perspectives de connectivité commune. 

« En investissant dans les interconnexions et les infrastructures, votre région pourrait devenir une plaque tournante de l'énergie propre, reliant l'Europe, l'Asie et l'Afrique », a déclaré Mme von der Leyen.

Les partenaires souhaitent ainsi favoriser la coopération au sein du corridor IMEC (‘India–Middle East–Europe Economic Corridor’), tout premier corridor économique reliant l'Inde, le Moyen-Orient et l'Europe.

Concernant le développement de l’hydrogène, le Premier ministre slovène, Robert Golob, a reconnu devant la presse que les pays du Golfe jouissaient de conditions favorables pour le développement de partenariats dans le domaine de l’hydrogène renouvelable, avec « une abondance de soleil et de terres, en tant que condition préalable à la mise en place de grandes installations de production d'hydrogène », mais également des infrastructures logistiques déjà présentes. 

Dans leur déclaration finale, l’UE et les pays du Golfe rappellent également leurs engagements respectifs sur le plan climatique et leur volonté d’aboutir à une décision ambitieuse sur le financement de l’action climatique en faveur des pays en développement lors de la COP29 (EUROPE 13504/14). 

Devant les médias, Jasem Mohamed Albudaiwi a insisté sur la levée des visas pour les pays du CCG.

Loin de l'affaire Khashoggi (EUROPE 12340/16), où le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, était accusé d'être impliqué dans le meurtre du journaliste saoudien en 2018, le prochain sommet aura lieu en Arabie saoudite en 2026. Les partenaires sont ainsi convenus de poursuivre leur dialogue sur une base régulière en organisant un sommet tous les deux ans. 

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/dx5 (Pauline Denys, Léa Marchal et Camille-Cerise Gessant)

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