Les vingt-sept chefs d’État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne devraient, selon un projet de conclusions du sommet de jeudi 17 octobre, exprimer leur profonde inquiétude face à l'escalade militaire au Proche-Orient et aux risques que cela fait peser sur l'ensemble de la région.
Réunis en ‘Conseil européen’ à Bruxelles, les dirigeants devraient, une nouvelle fois, souligner l'urgence d'un cessez-le-feu à Gaza, de la libération inconditionnelle des otages israéliens et d'un accès humanitaire, et appeler à une fin durable des hostilités dans la bande de Gaza, conformément à la résolution 2735 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le Conseil européen devrait réaffirmer l'engagement de l'UE à soutenir les efforts de désescalade et à intensifier son aide humanitaire, en particulier en réponse aux besoins croissants des populations les plus vulnérables dans la région.
« Le Conseil européen déplore le nombre inacceptable de victimes civiles, en particulier des femmes et des enfants, à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que les niveaux catastrophiques de la faim et le risque imminent de famine causés par l'entrée insuffisante de l'aide à Gaza », peut-on lire dans un projet de conclusions de mardi 15 octobre.
Le Conseil européen devrait notamment souligner le « rôle essentiel » de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et condamner toute tentative d'abroger l'accord de 1967 entre Israël et l'UNRWA (EUROPE 13503/1).
Iran. Les dirigeants européens devraient également condamner avec force les attaques iraniennes contre Israël du mardi 1er octobre (EUROPE 13495/15) ainsi que « les actions déstabilisatrices de l'Iran » via des groupes armés comme les Houthis, le Hezbollah et le Hamas.
Liban. Les Vingt-sept devraient appeler à un cessez-le-feu immédiat au Liban, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ils devraient appeler au respect de la souveraineté libanaise, réaffirmer le soutien de l'UE aux institutions de l'État libanais, en particulier aux Forces armées libanaises et à une réponse internationale coordonnée pour renforcer la stabilité du pays.
Les attaques israéliennes contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) devraient être fermement condamnées, avec un appel à toutes les parties pour garantir la sécurité des forces de maintien de la paix et du personnel des Nations Unies. En outre, le Conseil européen devrait affirmer son soutien à la mission de la FINUL dans le sud du pays.
Processus de paix. Réitérant le droit d'Israël à se défendre, les dirigeants de l'UE devraient insister sur la nécessité de mettre fin à la spirale des violences et des représailles. En outre, ils devraient réitérer leur engagement en faveur d'une solution à deux États et soutenir les efforts internationaux pour avancer vers une paix juste et durable dans la région.
« Le Conseil européen doit fermement encourager la désescalade et insister sur le respect du droit international et du droit humanitaire », a recommandé, par ailleurs, le président du Conseil européen, Charles Michel, dans une lettre d'invitation adressée mercredi aux vingt-sept dirigeants.
Voir le projet de conclusions daté de mardi 15 octobre: https://aeur.eu/f/dwo (Bernard Denuit)