Pour la première fois, les ministres du G7 se sont réunis afin de discuter des questions d’inclusion et de handicap. Sous présidence italienne, cette rencontre, qui s’est déroulée à Solfagnano, en Ombrie, du 14 au 16 octobre, a abouti à l’adoption de la 'Charte de Solfagnano'.
Ce texte exprime un engagement fort en faveur de l’intégration des personnes handicapées, en définissant huit priorités pour garantir leur participation pleine et entière à la vie sociale, politique et économique (EUROPE 13502/15).
Des engagements pour l’inclusion. La 'Charte de Solfagnano' repose sur des principes guidés par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Elle appelle à une collaboration internationale renforcée pour éliminer les obstacles à l’inclusion et à la participation.
Le texte plaide pour l’inclusion des personnes handicapées dans tous les aspects de la société, de l'éducation à l'emploi, mais également les loisirs et les situations d'urgence.
Aussi, la déclaration insiste sur le besoin d'infrastructures accessibles, de services de santé adaptés et de nouvelles technologies inclusives.
Le principe de « Rien sur nous, sans nous » y est également réaffirmé, pour impliquer directement les personnes handicapées dans la prise de décision.
La commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli, qui a participé aux trois jours de réunions, y a rappelé les initiatives européennes dans ce domaine.
Lors de la conférence de presse de clôture, elle a affirmé que l'Union européenne compte environ 100 millions de citoyens handicapés, dont une grande partie est confrontée à des risques de pauvreté et d'exclusion sociale.
Elle a exhorté à la mise en œuvre de la Convention de l’ONU ainsi que la stratégie européenne pour les droits des personnes handicapées, en mentionnant des initiatives comme l’Acte législatif européen sur l’accessibilité et la carte européenne du handicap.
« Il est de notre devoir de garantir leur participation pleine et entière à la société avec les mêmes opportunités que les autres citoyens » a-t-elle déclaré.
Un accueil mitigé des associations de défense des droits des personnes handicapées. Si la 'Charte de Solfagnano' a été accueillie favorablement, elle n’a pas échappé aux critiques. Le Forum européen des personnes handicapées (EDF) a salué l’initiative, tout en appelant les pays du G7 à des actions concrètes. Le président de l'EDF, Yannis Vardakastanis, a affirmé dans un communiqué que « la 'Charte' est une déclaration prometteuse, mais son véritable impact dépendra du fait qu'elle soit suivie de réelles améliorations ».
Il a en outre demandé aux dirigeants d’investir dans des politiques spécifiques et des financements dédiés pour garantir que les engagements ne restent pas de simples mots.
En effet, selon l'EDF, le langage de la 'Charte' demeure trop général. Les personnes handicapées attendent davantage de mesures précises, notamment en matière d’accessibilité universelle et d’inclusion au travail.
Vers un modèle global d’inclusion. La 'Charte de Solfagnano' a pour vocation de servir de modèle pour d'autres forums internationaux, comme le G20 et le Sommet mondial sur le handicap de Berlin en 2025. En adoptant ce texte, les membres du G7 se sont engagés à poursuivre leur collaboration pour promouvoir l’inclusion des personnes handicapées, non seulement dans leurs propres pays, mais aussi à l'échelle mondiale.
Lire la Charte : https://aeur.eu/f/dx3 (Nithya Paquiry)