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Bulletin Quotidien Europe N° 13505
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La Cour des comptes européenne remet en doute l’efficacité des projets visant à renforcer la capacité d’adaptation au changement climatique

La Cour des comptes européenne a souligné, mercredi 16 octobre, dans un nouveau rapport, le risque que les politiques d’adaptation de l’UE ne suivent pas le rythme du changement climatique.

Ce constat intervient à la suite d’événements climatiques extrêmes en Europe, tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations, dont les dernières en date ont sévèrement touché les pays d’Europe centrale.

La Cour des comptes rappelle que les pertes économiques dues aux phénomènes climatiques extrêmes dans l'UE se sont élevées en moyenne à 26 milliards d'euros par an au cours de la dernière décennie.

« L'adaptation au climat n'est pas une simple réponse ponctuelle, elle nécessite des efforts continus. L'Union dispose du cadre adéquat, mais si nous n'améliorons pas la mise en œuvre, nous risquons de prendre du retard dans la course à la protection de nos économies et de nos communautés contre l'impact du changement climatique », a déclaré, devant la presse, Klaus-Heiner Lehne, membre de la Cour responsable de l’audit.

Dans le rapport, les auditeurs ont analysé les politiques d’adaptation nationales de la France, de l’Estonie, de l’Autriche et de la Pologne, jugeant qu’elles sont généralement conformes à la stratégie de l'UE, mais que les documents relatifs aux stratégies nationales d'adaptation contenaient des données scientifiques obsolètes et que le coût des mesures d'adaptation était sous-estimé.

Dans un échantillon de 36 projets analysés, 19 ont abordé les risques climatiques de manière efficace, 13 ont eu peu ou pas d'impact sur la capacité d'adaptation et deux pourraient même entraîner une mauvaise adaptation.

En outre, la Cour des comptes a constaté que les plans régionaux ou sectoriels étaient parfois en conflit avec des stratégies ou plans au niveau national ou au niveau de l’UE, en particulier en ce qui concerne l'agriculture et la sylviculture.

« Par exemple, l'objectif d'augmentation de la surface irriguée pourrait entrer en conflit avec l'objectif de réduction de la consommation d'eau », illustre le rapport.

De plus, les auditeurs ont constaté que les rapports sur l'adaptation étaient largement descriptifs et ne fournissaient pas de données quantifiables.

Ils recommandent donc, en priorité, d’améliorer les rapports sur l’adaptation climatique, mais aussi d'utiliser plus efficacement les outils de l’UE pour cibler les communautés locales, et de faire en sorte que les futurs projets financés par l'UE tiennent compte des conditions climatiques actuelles et futures.

Pour voir le rapport : https://aeur.eu/f/dx2 (Pauline Denys)

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