« Profondément préoccupé par le recul démocratique en Géorgie », le Parlement européen a prévenu, mercredi 9 octobre, que la Géorgie ne progressera pas dans ses relations avec l’UE à moins que la loi relative à la transparence de l’influence étrangère et celle sur la protection des valeurs familiales et des mineurs ne soient abrogées.
« Ces lois sont incompatibles avec les valeurs et les principes démocratiques de l’Union européenne, contraires aux ambitions de la Géorgie en matière d’adhésion à l’UE et (…) mettent en péril son intégration euroatlantique », ont résumé les députés européens dans la résolution commune des groupes Renew Europe, ECR, PPE, Verts/ALE et S&D (adoptée par 495 voix pour, 73 contre et 86 abstentions).
Selon le PE, tous les fonds de l’Union européenne versés au gouvernement géorgien doivent être gelés jusqu’à l’abrogation de ces lois et des conditions strictes doivent être imposées à l’avenir au versement de tout financement au gouvernement géorgien. Lors du débat, mardi, la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, a annoncé que l’aide de l’Union européenne par le biais de la 'Facilité européenne pour la paix', d’un montant de 30 millions d’euros, était suspendue, « le temps que le portefeuille d’aide soit réexaminé ».
De plus, alors que des élections législatives sont prévues le 26 octobre, le PE est « fermement convaincu que les élections à venir seront décisives pour déterminer le développement démocratique et les choix géopolitiques futurs de la Géorgie ainsi que sa capacité à progresser dans sa candidature à l’adhésion à l’Union ». Il prie instamment les autorités géorgiennes de veiller à ce que le scrutin respecte les normes internationales les plus élevées.
Les eurodéputés se disent aussi préoccupés par le climat de haine et d’intimidation attisé par les déclarations de représentants politiques et les attaques du gouvernement contre le pluralisme politique. Ils appellent l’UE et ses États membres à demander des comptes à toutes les personnes qui mettent en péril la démocratie en Géorgie, qui sont complices des violences commises contre les opposants politiques et les manifestants pacifiques et qui diffusent la désinformation antioccidentale, et à leur imposer des sanctions personnelles. Ils citent en particulier l’oligarque géorgien Bidzina Ivanichvili, 'président honoraire' du parti Rêve géorgien « pour son rôle dans la détérioration du processus politique ».
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/dsa (Camille-Cerise Gessant)