Le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, a proposé, lundi 7 octobre, lors d’une réunion des pays de la zone euro, un nouveau mécanisme de prises de décisions ayant pour objectif de contribuer au renforcement de la compétitivité de l'Union européenne.
Inspiré du rapport ‘Draghi’ (EUROPE 13478/1), le « laboratoire de compétitivité » imaginé par l'Espagne permettrait d'accélérer la mise en œuvre de recommandations en matière d'intégration financière. Un groupe d'au moins trois États membres de l’UE suffirait pour tester des initiatives dans un « environnement contrôlé », avec le soutien de la Commission européenne.
« Cela se ferait dans un environnement du type ‘sandbox’, pour que les effets de la mise en œuvre de ces projets d'intégration additionnelle au niveau européen puissent se manifester dès le départ », a argué M. Cuerpo lundi midi.
Il reviendrait ensuite à la Commission de procéder à une évaluation des projets testés pour les recommander ou les étendre à l'ensemble des vingt-sept États membres.
L’Espagne a proposé, lundi, un premier projet concernant l’élaboration de normes européennes de notation pour les PME. « Cela permettrait à nos PME d'accéder à une meilleure et plus grande source de financement, c'est-à-dire à des coûts réduits au niveau de l'ensemble de l'UE, ce qui favoriserait des investissements additionnels, généralement associés à d'importants projets en matière de R&D ou d'innovation », a estimé M. Cuerpos.
Réactions. « La proposition va dans la bonne direction. (...) Mais nous devons également l'examiner sous d'autres angles, notamment légaux, et de manière plus détaillée », a estimé le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, interrogé sur la proposition lors d'une conférence de presse, lundi soir.
De son côté, le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, a qualifié la proposition « d'importante ». « Elle devrait encourager tous les pays à faire un pas en avant », a-t-il déclaré.
UMC. Les propositions espagnoles ont été formulées en marge d’une réunion de l’Eurogroupe en ‘format inclusif’ consacrée, entre autres, à l’achèvement de l’Union marchés de capitaux (UMC).
La présidente de Banque européenne d’investissement (BEI), Nadia Calviño, a présenté aux vingt-sept ministres des Finances trois propositions concrètes visant à combler les déficits de financement qui poussent certaines entreprises européennes à rechercher des fonds hors des frontières de l'UE.
Les propositions de Mme Calviño incluent une extension de l'initiative ‘Tech Champions’ de l'UE, le développement d’investissements en fonds propres et en capital-risque. La présidente de la BEI a également évoqué un fonds de sortie « afin de pouvoir financer l'acquisition et la pérennisation d'entreprises innovantes à un stade de maturité plus avancé », a-t-elle indiqué. (Bernard Denuit)