Le ministre français des Finances, Antoine Armand, a promis à ses homologues des pays de la zone euro, lundi 7 octobre à Strasbourg, que la France respectera « pleinement ses engagements européens » alors que le déficit public français dépassera 6,1% du PIB national en 2024.
« Notre objectif est de réduire le déficit à 5% du PIB d'ici 2025 et de le ramener en dessous de 3% d'ici 2029. C'est une trajectoire sérieuse, crédible et ambitieuse pour notre pays afin de respecter pleinement les règles budgétaires européennes », a déclaré M. Armand, reprenant ainsi les annonces faites par le Premier ministre, Michel Barnier (EUROPE 13494/15). Selon lui, il sera possible pour son pays, à la fois de redresser ses finances publiques et de soutenir la croissance et l’investissement.
Pour réduire le déficit public de 6,1 à 5% du PIB en un an, le gouvernement français prévoit un effort de 60 milliards d'euros. Des deux tiers de ce montant, environ 40 milliards, proviendront d'économies et près d'un tiers de hausses d'impôts qui viseront principalement les très grandes entreprises et les grandes fortunes.
La dette publique française, à hauteur de 112% du PIB en juin, est désormais la troisième plus élevée dans l'Union européenne après la Grèce et l'Italie.
Le gouvernement dévoilera jeudi son projet de Loi de Finances. Après son adoption par le Parlement, il sera transmis à l'échelon européen d'ici fin octobre, en même temps que le programme budgétaire pluriannuel français.
À son arrivée à l'Eurogroupe, le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, avait fait état de discussions « prometteuses » en cours au niveau technique avec les autorités françaises, sans pour autant ignorer « les difficultés politiques » inhérentes à un gouvernement ne disposant pas de la majorité au Parlement national.
Le ministre allemand, Christian Lindner, s'est dit « curieux » d'entendre comment la France compte mettre de l'ordre dans ses finances publiques. Constatant que plusieurs États membres ont opté « pour une période de sept ans » pour consolider leurs finances publiques, soit le délai maximal autorisé par le Pacte de stabilité et de croissance révisé, il a encouragé ses homologues « à engager des réformes structurelles et à prendre des décisions parfois impopulaires ». Et M. Lindner d'ajouter : « Nous devons tous être conscients que la crédibilité des finances publiques face aux marchés des capitaux n'est pas un sujet de plaisanterie ».
Interrogé sur la mise en place des nouvelles règles budgétaires européennes, le ministre espagnol, Carlos Cuerpo, dont le pays présentera mardi 15 octobre sa trajectoire budgétaire ainsi que les réformes qu'il entreprendra, a indiqué que chaque gouvernement apprenait au fur et à mesure qu'il applique ces règles. « Tout le monde veut que (le Pacte révisé) prenne un bon départ », a-t-il considéré. (Mathieu Bion)