Les négociateurs de l’UE se trouvent à Brasilia, depuis jeudi 5 septembre, pour tenter de conclure les négociations sur l’accord de commerce UE/Mercosur avec leurs homologues latino-américains.
Plusieurs acteurs se sont dits confiants concernant une telle issue dans un avenir proche, à l’instar de l’ambassadeur brésilien auprès de l’UE, Pedro Miguel da Costa e Silva (EUROPE 13470/1). C’est aussi le cas du président de la commission du commerce international du Parlement européen, Bernd Lange (S&D, allemand) (voir autre nouvelle).
Face à eux, toutefois, de nombreuses voix, d’origines diverses, contestent la légitimité de l’accord. « Comment demander à nos éleveurs ou nos producteurs de maïs, par exemple, des hautes normes de production, et dans le même temps accepter des produits venant de l’autre bout du monde ne respectant pas nos critères ? », s'est interrogée l’eurodéputée Céline Imart (PPE, française).
Cette observation est partagée par sa collègue belge Saskia Bricmont (Verts/ALE). « On ne peut, d’un côté, promettre des revenus décents aux agriculteurs, et de l’autre négocier des accords de commerce comme celui avec les pays du Mercosur qui les amènent à vendre à perte », a-t-elle considéré.
Elle faisait référence au rapport d'experts sur l'avenir de la PAC présenté mercredi 4 septembre (EUROPE 13475/1). Les auteurs du document y appellent l’UE à prendre davantage en compte les particularités du secteur agricole quand elle négocie des accords de libre-échange. Par exemple, les différences de normes entre l’UE et les pays partenaires doivent être gardées à l’esprit dans les chapitres sur l’accès au marché.
Pour l'ONG Friends of the Earth Europe, l'accord de commerce UE/Mercosur va aggraver les feux de forêts en forêt amazonienne pour des raisons économiques ainsi que les violences à l'égard des peuples indigènes.
Bernd Lange n'est pas de cet avis. Il estime qu'une coopération accrue peut permettre une pleine mise en œuvre des objectifs de l'accord de Paris sur le climat, côté européen et latino-américain. Selon lui, les bénéfices de l'accord sont à mettre en balance avec les effets sur le secteur agricole européen.
Pour le représentant du patronat BusinessEurope aussi, l'accord doit être conclu rapidement. « L'UE doit trouver, de manière urgente, des manières de réduire les risques à travers la diversification de ses importations et exportations », selon Luisa Santos, directrice générale adjointe de l'organisation. Et de préciser que la solution, qui sera trouvée, devra prendre en compte les sensitivités des deux côtés, en particulier sur la durabilité environnementale. (Léa Marchal)