Survenue vendredi 19 juillet, une panne informatique a touché des millions d'ordinateurs Microsoft à travers le monde, provoquant de grosses perturbations dans plusieurs secteurs, particulièrement l'aviation.
Si l'origine du problème a rapidement été identifiée - une mise à jour défectueuse du logiciel de cybersécurité de l'entreprise Crowdstrike -, Microsoft estime aujourd'hui que l'Union européenne et sa législation sont également responsables.
Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, un porte-parole de l'entreprise américaine estime que l'UE est indirectement liée à cette panne, en raison d'un accord conclu en 2009 dans un cas d'abus de position dominante (EUROPE 9659/22).
À la suite d'une plainte, Microsoft a accepté de donner aux fabricants externes de logiciels de sécurité le même niveau d'accès à Windows que celui dont bénéficie l'entreprise elle-même.
À la différence des produits Apple ou Google, qui fonctionnent dans un écosystème fermé et dont les systèmes d'exploitation sont cloisonnés, Microsoft se doit de partager ses interfaces APIs auprès des éditeurs de logiciels tiers. Cette situation exposerait le système à des problèmes originant d'applications extérieures.
Interrogée mardi 23 juillet, la Commission européenne s'est défendue de toute responsabilité, estimant que l'ouverture à la concurrence permet - au contraire - d'augmenter la résilience des systèmes informatiques, en évitant qu'une panne chez un seul opérateur impacte la totalité des consommateurs.
« De plus, l'incident ne s'est pas limité à l'UE, et Microsoft ne nous a jamais fait part de préoccupations en matière de sécurité, que ce soit avant ou après le problème », a-t-elle ajouté par la voix de sa porte-parole. (Isalia Stieffatre)