Les membres de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont constitué leur bureau pour une durée de deux ans et demi, mardi 23 juillet, mise à part l'élection du quatrième vice-président, reportée faute de femme candidate issue du groupe conservateur CRE.
La socialiste française Aurore Lalucq a été élue par acclamation présidente de la commission ECON qui, a-t-elle fait remarquer, est composée à 80% d'hommes. Elle succède à Irene Tinagli (S&D, italienne).
Promettant en séance des débats à venir « durs sur le fonds, doux sur la forme », la socialiste française a estimé que le Parlement européen serait très attendu sur les questions économiques et industrielles. Interrogée à l'issue de la réunion constitutive par Agence Europe, elle a noté que la deuxième phase du 'Pacte vert européen' sera « purement économique », faisant remarquer la vitesse à laquelle les États-Unis et la Chine réorientent leur propre économie vers les technologies propres.
Concernant l'union des marchés de capitaux (UMC), Mme Lalucq a préconisé un débat sérieux sur la mobilisation des capitaux privés au service des investissements dans la transition. Les marchés de capitaux ne constituent « pas une solution miracle », a-t-elle estimé, notant que l'approfondissement de l'UMC se heurte à des difficultés relatives à l'harmonisation des droits nationaux des faillites et à la mise en place de superviseurs au niveau européen.
La commission ECON a également élu Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand) premier vice-président (38 voix pour, 8 contre, 4 abstentions), la tentative du groupe Patriotes pour l'Europe de faire élire le Français Pierre Pimpie n'ayant pas abouti en raison du 'cordon sanitaire' déployé autour de l'extrême droite. À Agence Europe, M. Boeselager a indiqué sa volonté de focaliser son attention sur la politique européenne en matière de concurrence et d'aides d'État afin que celle-ci permette davantage de « débloquer le potentiel économique ».
Ont été élus respectivement deuxième et troisième vice-présidents le Slovaque Ľudovít Ódor (Renew Europe) et le Tchèque Luděk Niedermayer (PPE). Le groupe conservateur CRE a demandé le report de l'élection du quatrième vice-président afin qu'il soit en mesure de présenter une femme à ce poste, ses sept membres actuels étant des hommes. (Mathieu Bion)