Les députés de la commission de l’Environnement du Parlement européen ont réagi, mardi 19 mars, à la présentation par la Commission européenne de sa communication sur la gestion des risques climatiques (EUROPE 13369/11).
Comme l’a rappelé dans son introduction Kurt Vandenberghe, directeur général au sein de la DG Climat, cette communication est une première réponse à l’étude réalisée par l’Agence européenne pour l’Environnement visant à évaluer les risques climatiques de l’UE. (EUROPE 13368/11).
Si la première députée à s’exprimer, Ljudmila Novak (PPE, slovène), a reconnu les efforts de la Commission et a salué l’espoir que les mesures d’adaptation pouvaient apporter, d’autres se sont montrés plus critiques.
Nils Torvalds (Renew Europe, finlandais) a fustigé l'approche générale de la Commission, qui « ne répond pas aux besoins, parce que vous ne savez pas ce que nous faisons et comment nous agissons ». Il a ainsi appelé la Commission à améliorer sa propre gouvernance qu’il qualifie de gouvernance « en silo » et « risquée » pour la politique climatique.
Plusieurs autres députées, comme Grace O’Sullivan (Verts/ALE, irlandaise), Jutta Paulus (Verts/ALE, allemande) ou Delara Burkhardt (S&D, allemande) ont dénoncé l’incohérence de cette communication avec la décision récente prise par la Commission de supprimer des mesures en faveur du climat dans la Politique agricole commune (PAC) (EUROPE 13372/3).
« Comment élaborer cette politique agricole à l'avenir, si l’on ne cesse de faire machine arrière et de supprimer les mesures ? », a interrogé Mme Burkhardt.
Javi López (S&D, espagnol), quant à lui, a salué le travail exhaustif réalisé au cours des dernières années en matière d’atténuation du changement climatique, mais a appelé à un train de mesures et une structure légale solide spécifique à l’adaptation. « Il faut que les questions climatiques figurent à l’ordre du jour des grands sommets européens (…) On a besoin d’une structure juridique pour l’adaptation. On ne peut pas se contenter d’une simple communication ».
Sur ce point, M. Vandenberghe a répondu qu’arrivant en fin de mandature, la Commission ne pouvait présenter un programme de travail dédié, mais qu’il paraissait important de faire passer un message sur la gravité de l'impact du changement climatique.
Il a également dit entendre les critiques concernant les propositions de simplification de la PAC, mais a rappelé le fait que certains domaines de l’agriculture, souffrant de graves difficultés économiques, ont besoin d'un peu de marge. Selon lui, ceci ne signifie pas un retour à « un business as usual », puisque la Commission met notamment en place des incitations financières pour que le monde agricole respecte les engagements « verts ».
Concernant la dimension internationale de l'adaptation au changement climatique, il a profité de cet échange pour expliquer qu’au 1er avril, un nouveau groupe de travail (task force) serait mis en place au sein de la DG Climat, consacré à la diplomatie du marché du carbone « pour expliquer au reste du monde les mesures rentables que représentent l’échange de quotas d’émission et la tarification du carbone ». (Pauline Denys)