Les ministres européens des Finances discuteront des initiatives à prendre pour approfondir l'union des marchés de capitaux, s'interrogeront sur les nouvelles missions de la Banque européenne d'investissement (BEI) et aborderont les questions de compétitivité économique, lors de leur réunion informelle qui se déroulera à Gand vendredi 23 et samedi 24 février.
Priorité de la Présidence belge du Conseil de l’UE (EUROPE 13324/15), le projet d’une Union des marchés de capitaux (UMC) - incarné par un plan d’action lancé dès 2015 par la Commission européenne et destiné aussi à pallier la sortie de l'UE du Royaume-Uni et de sa 'City' - progresse trop lentement, selon les États membres (EUROPE 13324/21).
Or, ces derniers qualifient l'UMC d'« urgence » pour l’avenir de l’UE. « C’est indispensable pour financer les défis devant nous », a estimé une source du ministère français des Finances jeudi 22 février, jugeant les alternatives - davantage de financements publics ou des capitaux mobilisés depuis l’étranger - « pas raisonnables ».
Réuni en format inclusif, l'Eurogroupe a mis en chantier l'élaboration d'une déclaration qui détaillera les initiatives à prendre lors du prochain cycle législatif de l’UE afin de donner un nouveau souffle au projet d’UMC. Selon un projet de texte dont EUROPE a obtenu copie, elle contient trois axes de travail : - le renforcement de l'architecture financière afin de lever les barrières à l'intégration européenne ; - faciliter l'accès des entreprises aux marchés de capitaux ; - mettre en place des incitations permettant d'impliquer davantage les investisseurs de détail.
Sur ce dernier point, il est question de créer un produit d'épargne européen bénéficiant d'un traitement fiscal préférentiel, non pas au niveau de toute l'UE, mais par le biais d'accords bilatéraux ou multilatéraux. L'industrie ne paraît pas convaincue au premier abord.
Voir le projet de déclaration qui devrait être finalisé d'ici au sommet de la zone euro, fin mars : https://aeur.eu/f/axc
BEI. Au déjeuner, les ministres s'entretiendront avec la nouvelle présidente de la BEI (EUROPE 13310/1), Nadia Calviño, afin d'identifier de nouvelles missions potentielles pour la Banque de l'UE.
Les États membres souhaitent que la BEI accroisse son soutien au financement de projets relatifs à la transition climatique et favorisant la souveraineté économique. La France plaide pour que la plus grande banque multilatérale au monde soutienne aussi le développement du secteur nucléaire.
« La République tchèque a fait des propositions sur le besoin d'augmenter les capacités de la BEI dans le domaine de la défense », a indiqué une source du ministère français de l'Économie, jeudi 22 février, qui s'attend à ce que plusieurs États membres poussent dans ce sens.
Cette session de travail, qui n'aboutira pas à une décision ferme vendredi, permettra à Mme Calviño de présenter ses idées à ses anciens homologues et aux États membres de faire passer leurs messages.
Compétitivité. Samedi matin, une deuxième session de travail sera consacrée à la compétitivité économique européenne.
Participera à cette discussion l'ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui a été chargé par la Commission européenne de rédiger un rapport sur la question d'ici septembre, afin d'alimenter la préparation du programme de travail de l'institution de l'UE pour le prochain cycle législatif européen. (Bernard Denuit et Mathieu Bion)