Le président de la commission 'Affaires étrangères' du Parlement européen, David McAllister (PPE, allemand), a annoncé jeudi 22 février, le report du vote sur le rapport d'Andrius Kubilius (PPE, lituanien) sur la Russie, initialement prévu pour le jour même.
Il a expliqué avoir reçu, tout comme le secrétariat, le 15 février, une demande en ce sens de la coordinatrice de la CRE, Anna Fotyga (polonaise). Un report soutenu par les coordinateurs S&D, Renew Europe et Verts/ALE.
M. Kubilius s’est dit « très surpris » de cette demande « sans arguments vraiment clairs », ajoutant qu’au moins quatre rapporteurs avaient accepté le texte. Il a dit ne pas comprendre les raisons de ce report, estimant qu’un non-vote enverrait un « message consternant que le PE ne croit pas au renouveau démocratique en Russie ».
Pour Mme Fotyga, il faut se concentrer sur un soutien à l'Ukraine et, étant donné la situation en Russie, se préparer à une confrontation sur le long terme avec Moscou. « Nous travaillons déjà sur deux résolutions qui seront votées la semaine prochaine : la nécessité d'un soutien inébranlable de l'UE à l'Ukraine ; le meurtre d'Alexeï Navalny et la nécessité d'une action de l'UE en faveur des prisonniers politiques et de la société civile opprimée en Russie, ainsi que d'autres rapports plus larges traitant de la sécurité de l'Europe », a-t-elle expliqué à EUROPE, ajoutant que, pour ces raisons, la commission avait décidé de reporter le vote.
Selon un porte-parole du S&D, M. Kubilius a insisté pour concentrer son rapport sur le scénario du changement démocratique en Russie. « C’est peut-être le scénario préféré. Mais il faut se rendre à l’évidence : c’est le scénario le moins probable dans un avenir immédiat », a-t-il précisé à EUROPE, estimant que, dans le contexte actuel, il n’était dans l’intérêt ni du PE ni de l’UE de créer une impression de désunion sur la Russie.
La manière de procéder avec le rapport sera discutée lors de la prochaine réunion des coordinateurs. (Camille-Cerise Gessant)